"Zone protégée" à Kaboul: les talibans rejettent déjà la proposition "non nécessaire" de Macron

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Après la fin des rotations françaises et le retrait imminent des États-Unis, Emmanuel Macron pousse à l'établissement d'une zone sécurisée à Kaboul pour poursuivre les évacuations. Sur France Info ce lundi, un porte-parole des talibans a repoussé cette hypothèse.

La discussion "s'impose avec les talibans". Depuis Erbil, au cœur du Kurdistan irakien qu'il visitait ce dimanche soir au sortir d'un déplacement express de deux jours en Irak qui l'a emmené d'abord à Bagdad puis Mossoul, Emmanuel Macron a formulé les positions de la France sur l'Afghanistan des talibans Mais cette discussion, évoquée dans une interview à TF1, tourne pour le moment au dialogue de sourd. 

D'un côté Emmanuel Macron pousse, appuyé par l'Allemagne et le Royaume-Uni, à la création d'une "zone protégée" à Kaboul, afin de poursuivre les évacuations humanitaires sous l'égide de l'ONU. De l'autre, Suhail Shaheen, porte-parole du Bureau politique des talibans, interrogé par FranceInfo dans un reportage diffusé ce lundi matin a aussitôt rejeté cette éventualité.

Il la tient pour une ingérence doublée d'un camouflet. "Ce n'est pas nécessaire, l'Afghanistan est un pays indépendant. Peut-on créer une telle zone en France ou au Royaume-Uni?" a-t-il lancé, en anglais, à la radio publique française.

"Nous essayons de rouvrir l'aéroport au plus vite"

Il a poursuivi, mêlant au passage le féminin au masculin pour souligner l'éligibilité des femmes aux départs: "Comme c'est le cas dans n'importe quel pays, il ou elle devra avoir les documents appropriés: passeport, visa. S'il dispose de cela, chacun pourra quitter l'Afghanistan et y venir en provenance d'un autre pays". "Nous essayons, parce que c'est très important, de rouvrir l'aéroport de Kaboul au plus vite", a-t-il en revanche concédé. 

La voix - et donc cette fin de non-recevoir - de Suhail Shaheen est d'autant plus importante que l'homme était de la rencontre entre les talibans et une délégation française jeudi dernier à Doha, au Qatar. 

"Nous avons des relations avec la France. Mais ces discussions ne peuvent être conditionnées. Nous demandons et espérons que la France nous reconnaîtra", a-t-il confié à France Info.

Dialogue de sourds toujours, le ton du président de la République était bien différent sur ce point à l'antenne de TF1 dimanche: "Les discussions ne préjugent pas d'une reconnaissance". Une expression qui montre cependant que Paris ne l'exclue pas. Mais Emmanuel Macron dit vouloir des garanties, qu'il s'agisse de droits de l'Homme ou de la question des femmes. 

Pas de "listes noires", jurent les talibans

Et si les talibans multiplient les déclarations apaisantes quant au statut social des femmes, à leur aptitude à continuer leurs études dans l'Afghanistan nouveau - entre Charia et bannière de l'"Emirat islamique" restauré - ou promettent leur bienveillance envers le départ à l'étranger de leurs concitoyens - des engagements dont la modération relative et purement verbale a semblé cruellement souligné par les attentats à l'aéroport de Kaboul conduits jeudi par le groupe État islamique - les craintes de vagues de persécution persistent.

Il y a dix jours une équipe d'experts missionnée par l'ONU assurait que les nouveaux maître du pays avaient établi des listes noires de personnes à arrêter. "Ce rapport est sans fondement. (...). Il n'y a rien de tel", a balayé Suhail Shaheen auprès de France Info.

Le porte-parole a conclu sur une note plus directement politique, rappelant le désir apparent de son mouvement de "former un nouveau gouvernement islamique inclusif qui soit accepté par tous". "J'espère que cela se fera d'ici trois à quatre jours", a-t-il jaugé auprès de la radio.

Article original publié sur BFMTV.com

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