Le zombie, militant malgré lui

Libération.fr

Romero a fait des morts-vivants le vecteur d’une critique de la société de consommation, en état de décomposition.

Les zombies ne trompent personne. Contrairement aux vampires ou loups-garous qui retrouvent par intermittence leur apparence humaine, l’amateur de cervelles revenu d’outre-tombe aurait bien du mal à cacher son état morbide. Déplacements erratiques, grognements bestiaux et plaies béantes sont autant de caractéristiques largement acceptées dans la culture populaire grâce à Romero et son coscénariste John Russo. Avant eux, le zombie (le mot n’est d’ailleurs jamais prononcé dans son premier film, Romero lui préférant à l’époque celui de «goule») évoquait surtout le vaudou haïtien post-esclavage, plus proche des cas de possessions que du cannibalisme post-mortem aveugle. Avec Romero, le zombie n’avance pas masqué, et rarement seul. L’image classique d’une masse de morts-vivants déambulant tels une nuée d’insectes facilite les métaphores plus ou moins frontales d’une société occidentale en état de décomposition avancée.

«Instinct». En 1968, le magistral coup d’éclat inaugural de Romero, la Nuit des morts-vivants, se concluait par le décès du héros joué par l’acteur noir Duane Jones, tué par des policiers blancs persuadés qu’il était un zombie. Si le casting de Jones tenait du pur hasard - c’était juste l’acteur le plus doué de l’entourage du réalisateur, qui avait imaginé le rôle pour un comédien blanc -, le film en avait hérité une aura rebelle, engagée contre le racisme. Quelques jours après la fin du tournage, le mouvement afro-américain des droits civiques s’achevait à son tour avec l’assassinat de Martin Luther King.

Dans Zombie (1978), les non-morts zonent dans un centre commercial géant, l’un des tout premiers construits à l’époque en Pennsylvanie. A une de ses camarades surprise de leur présence en cet endroit, un des héros répond : «C’est une sorte d’instinct, un souvenir de ce qu’ils faisaient avant. C’était un lieu important dans leurs vies.» La (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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