"Zombi Child" de Bertrand Bonello : un film politique sur le vaudou

Jean-François Lixon
"Zombi Child" de Bertrand Bonello, projeté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, part d'une "histoire vraie" de zombi survenue entre 1962 et les années 80 à Haïti. Il évoque le vaudou, l'esclavage et la persistance des liens étroits qui unissent la France à Haïti.

Pour son septième film, Bertrand Bonello est allé tourner à Haïti, mais aussi en France, une histoire de zombi bien éloignée des opus de morts-vivants de George A. Romero ou des rodeurs de The Walking Dead. Ici, pas de hordes décharnées prêtes à tout pour dévorer des vivants. Le zombi retourne à ses origines afro-caribéennes. 1962, un homme d'une quarantaine d'années (Mackenson Bijou) est zombifié, c'est-à-dire qu'il est empoisonné, qu'il présente toutes les apparences du cadavre, qu'il est pleuré et mis en terre par sa famille. Ceux qui l'ont zombifié viennent le déterrer, le droguent pour le placer dans un un état de semi-conscience afin de l'exploiter, drogué, dans les champs de canne à sucre.

Revenu comme par miracle à la conscience normale, il aurait erré treize ans avant de se manifester auprès de sa famille. L'homme s'appelle Clairvius Narcisse et son histoire est bien connue sur l'île. Un livre intitulé Le serpent et l'arc-en-ciel lui a été consacré et Wes Craven en a tiré un film portant le même titre.


Petite-fille de zombi

2019. Mélissa, une jeune Haïtienne (Wislanda Louimat), intègre la prestigieuse Maison d'Éducation de la Légion d'Honneur. Cet établissement ne reçoit que des enfants de personnes décorées. La mère de Mélissa, disparue dans le grand tremblement de terre de 2010, l'avait été pour des faits de résistance à la dictature (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi