Zola reste le symbole le plus visible, le plus célèbre, de ces combats pour la justice

Jean-Marie Rouart
Zola reste le symbole le plus visible, le plus célèbre, de ces combats pour la justice.

Les Éditions des Saints Pères annoncent la publication du manuscrit de "J'accuse!...". Jean-Marie Rouart, de l'Académie française, engagé au service de causes diverses –révision des affaires Raddad ou encore Joushomme, lutte contre la prostitution– propose dans cette édition une préface inspirée sur le rôle public de l'écrivain au service de la justice. "Rien sinon l'amour de la vérité ne prédisposait Zola à échanger sa position confortable d'écrivain à succès...".

Zola n'est pas le seul écrivain français qui ait mené un combat contre l'injustice. C'est peut-être même une des particularités du génie national de prendre feu et flamme en faveur de l'innocent persécuté. On ne peut s'empêcher de se poser la question: pourquoi tant d'écrivains français ont remis en cause un statut social difficilement acquis, ont mis en péril leur œuvre, leur vie de famille, leurs amitiés, pour se consacrer à la défense d'un homme qu'ils jugeaient victime d'une injustice? Toute littérature chez nous possède en effet ce caractère de vouloir redresser des torts faits à un innocent. Une psychanalyse de la France montrerait que, si ce démon de la justice a tracassé les écrivains, c'est qu'il est aussi partagé par les Français, peuple léger, épris de liberté, que l'injustice émeut plus qu'aucun autre peuple. Faut-il y voir une influence de nos racines judéo-chrétiennes, la place que revêt la justice dans la Bible et particulièrement dans la destinée du Rédempteur? Que Jésus soit ou non condamné a déterminé notre histoire et les Évangiles ne sont que les épisodes qui nous préparent à ce procès inique. Comment ce procès fait à Jésus, voulu par le Sanhédrin mais décidé par Ponce Pilate, n'aurait-il pas retenti dans la conscience occidentale? Il lui a rendu sensible l'image du condamné.

Surtout derrière ce condamné, elle soupçonnera toujours la présence d'un possible innocent victime de la société. Et toute notre histoire, l'imprégnation religieuse de nos débats,...

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