« Zidane c’est la France » : comment le héros de 98 est devenu une icône intouchable

French former forward football player Zinedine Zidane speaks before giving the Ballon d'Or award during the 2022 Ballon d'Or France Football award ceremony at the Theatre du Chatelet in Paris on October 17, 2022. (Photo by FRANCK FIFE / AFP)
FRANCK FIFE / AFP French former forward football player Zinedine Zidane speaks before giving the Ballon d'Or award during the 2022 Ballon d'Or France Football award ceremony at the Theatre du Chatelet in Paris on October 17, 2022. (Photo by FRANCK FIFE / AFP)

FOOTBALL – On ne touche pas à Zinédine Zidane, et Noël Le Graët, le président de la Fédération Française de Football, en a eu la confirmation à ses dépends. Une déferlante de critiques s’est abattue sur lui après ses déclarations sur RMC Sport, ce dimanche 8 janvier, suite à la prolongation de Didier Deschamps à la tête des bleus. « Zinédine Zidane, je ne l’aurais même pas pris au téléphone », a-t-il déclaré, avec d’assurer n’en « avoir rien à secouer » si l’ancien coach du Real Madrid entraînait le Brésil.

Ces propos ont déclenché une vague de soutien à Zinédine Zidane, rappelant qu’il reste une icône intouchable aux yeux de la plupart des Français.

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C’est d’abord Kylian Mbappé qui est monté au créneau. « Zidane c’est la France, on manque pas de respect à la légende comme ça… », a tweeté l’attaquant français dans un message liké près d’un million de fois.

Puis la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a jugé ces déclarations « hors sol » et exigé des excuses. « Nos grands joueurs [de football] méritent mieux que ce qu’ils ont aujourd’hui à la tête de leur fédération », a-t-elle ajouté ce lundi lors d’une conférence de presse, assurant même que le président de la République a été « déçu et heurté ».

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« Je tiens à présenter mes excuses pour ces propos qui ne reflètent absolument pas ma pensée, ni ma considération pour le joueur qu’il était et l’entraîneur qu’il est devenu. (...) J’admets avoir tenu des propos maladroits qui ont créé un malentendu », avait plaidé un peu plus tôt dans la journée le président de la FFF dans un communiqué. Mais le mal était fait.

Zidane représente la France qui gagne

« Je ne suis pas étonné du mouvement de soutien. Mépriser Zidane, c’est mépriser ce que la France a été capable de faire », résume Frédéric Hermel, chroniqueur chez RMC sport et auteur de la biographie intitulée Zidane, aux éditions Flammarion. Car la légende de l’ancien joueur et entraîneur du Real Madrid s’est construite en parallèle avec celle de l’équipe de France de 98 : « Il représente la France heureuse, la France qui gagne. Les gens gardent en tête l’image de Zidane sur l’Arc de Triomphe, son doublé face au Brésil en finale de la Coupe du monde, à Paris… »

Si le chroniqueur juge les propos de Noël le Graët « lamentables », il estime aussi qu’il y a « une surréaction de la part de certaines personnes » car « dès qu’on pense à Zidane, on pense à quelque chose d’historique ».

Les qualificatifs utilisés par les internautes sur Twitter le montrent clairement. Pour l’utilisateur Rachid l’instit, Zidane est une « icône nationale », avant d’ajouter, non sans une touche d’humour : « Le respect inconditionnel que nous avons pour lui est, avec le fromage et la sécu, ce qui nous rassemble. »

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Benoît Payant, le maire de Marseille - ville d’origine de ZZ - l’a qualifié de « fierté française et marseillaise, une icône, une légende » et estimé que « nous sommes toutes et tous touchés par les propos de Noël ».

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Aujourd’hui intouchable, Zidane n’a pourtant pas toujours été exemplaire durant sa carrière de joueur, comme en atteste son fameux coup de tête en finale de la Coupe du Monde 2006. Mais même ce coup d’éclat participe désormais à sa légende. Ça a « renforcé son image car il est humain. Il est la France excessive », selon Fred Hermel.

Une aura inexplicable

De nombreuses personnalités du football ont également pris sa défense, comme ses anciens coéquipiers en équipe de France, Djibril Cissé et Franck Ribéry. Le premier a qualifié Zidane d’« intouchable » et demandé « un peu de respect » à Noël le Graët, tandis que le second a invité ironiquement le président de la FFF à « consulter rapidement ».

« Les gens qui connaissent Zidane le défendent, même ceux qui l’ont approché un petit peu », reprend Fred Hermel, qui connaît personnellement l’ancien joueur des Bleus. « C’est quelqu’un qui dégage tellement de choses. Cette aura qu’il a ne s’explique pas. Sûrement parce qu’il a gagné des titres. Mais il a aussi un charisme naturel. »

Des titres glanés aussi bien en tant que joueur qu’en tant qu’entraineur, comme ses trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid, en 2016, 2017 et 2018. « Elles ont énormément rajouté à sa légende. La plupart des très grands joueurs ont été de mauvais entraîneurs. Mais lui, il a fait quelque chose de jamais vu dans l’histoire du foot », rappelle le chroniqueur.

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