Zemmour dans les sondages, bulle médiatique ou bouleversement de la présidentielle?

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Eric Zemmour en avril 2021 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP
Eric Zemmour en avril 2021 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Crédité de 13 à 14% dans un sondage Elabe pour BFMTV et de 17% dans une étude Harris interactive pour Challenges, Éric Zemmour est, certes, encore très loin des scores d'Emmmanuel Macron. Mais il talonne désormais Marine Le Pen et se situe bien devant Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse.

À plus de sept mois de la présidentielle, la potentielle candidature de l'essayiste est-elle un "produit sondagier" comme le juge à notre micro Valérie Pécresse ce mercredi? Ou faut-il y voir un vrai phénomène politique?

La déception des électeurs LR

"C'est inédit qu'en si peu de temps un candidat progresse autant dans les intentions de vote et que deux courbes, celle du RN d'un côté et celle de la candidature d'Éric Zemmour de l'autre, se croisent à cette vitesse", estime Pierre-Hadrien Bartoli, le directeur des études politiques à Harris Interactive sur notre antenne.

Ce spécialiste de la vie politique française estime d'ailleurs que le contexte à droite joue beaucoup dans la dynamique de la candidature de l'écrivain.

"Il y a une vraie attente dans cet espace avec une proportion des électeurs LR qui sont particulièrement déçus de ce qui s'est passé en 2017 et qui ne s'y retrouvent pas dans les différents candidats qui leur sont aujourd'hui proposés", juge le sondeur.

La victoire du RN de moins en moins probable pour ses électeurs

Autre élément qui joue en faveur de l'écrivain, la situation de Marine Le Pen. "Le RN est affaibli et cela alimente fortement cette nouvelle offre politique. La défaite du parti aux régionales en PACA, alors que Thierry Mariani avait des vraies chances de l'emporter, fait dire aux électeurs que, peut-être, le RN ne peut plus gagner", juge pour sa part Bernard Sananès, le président d'Elabe.

Les thèmes de prédilection de l'ancien journaliste du Figaro seraient également une clef de lecture pour comprendre sa forte progression dans les sondages.

"La peur du déclin de la France, la montée de l'islam radical, l'immigration... Ce sont des sujets qui entrent en résonance avec ce que pense une partie des Français", analyse de son côté Mathieu Gallard, directeur de recherche chez IPSOS, contacté par BFMTV.com.

Sortir de ses classiques

Les sondeurs se veulent toutefois prudents à plus de six mois de l'élection présidentielle, d'autant plus que les études d'opinion ont été démenties par les résultats lors des dernières régionales.

"Est-ce que ces bons chiffres veulent dire qu'Éric Zemmour va continuer à progresser? Personne n'en sait rien. Ses adversaires potentiels peuvent trouver des angles d'attaque efficaces contre lui. On peut aussi imaginer qu'il va devoir sortir de ses sujets de prédilection pour parler du pouvoir d'achat, de réchauffement climatique... Dans son débat face à Jean-Luc Mélenchon, on ne l'a pas beaucoup entendu sur ces thématiques. Tout cela peut changer beaucoup de choses", nuance Mathieu Gallard.

Un Chevènement bis?

Certains comparent également la candidature du polémiste à l'exemple de Jean-Pierre Chevènement en 2002. À la fin du mois d'octobre 2001, l'ancien ministre de Lionel Jospin était à 12% dans les sondages, alors qu'il n'était encore qu'à 7% trois semaines auparavant. En novembre, le souverainiste montera même à 14%.

Le politique finit pourtant par s'effondrer. Le soir du premier tour, il récolte 5,3% des suffrages, dépassé par Arlette Laguiller, de Lutte ouvrière, qui récolte, elle, 5,7% des voix.

Pas de quoi effrayer Éric Zemmour, qui a encore déclaré sur Europe 1 ce mercredi soir "avoir très envie d'y aller".

Article original publié sur BFMTV.com

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