La Zambie rend hommage au "Gandhi africain" Kenneth Kaunda, le père de l'indépendance

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Le père de l'indépendance zambienne, Kenneth Kaunda, s'est éteint le 17 juin, à l'âge de 97 ans. La Zambie organisait, vendredi, ses funérailles nationales en présence de nombreux dirigeants et représentants du continent venus honorer sa mémoire.

Des dizaines de personnes ont rendu, vendredi 2 juillet, un hommage national au père de l'indépendance de la Zambie, Kenneth Kaunda, mort à 97 ans, le 19 juin.

Des coups de canon ont été tirés dans le National heroes stadium de Lusaka, où le cercueil du premier président zambien, enveloppé dans un drapeau, a été amené par un véhicule militaire. Un peu plus loin, des militaires en treillis ont dansé sur une musique solennelle et entonné des chants funèbres.

Surnommé le "Gandhi africain", Kenneth Kaunda avait réussi à défaire l'ancienne Rhodésie du Nord de la tutelle britannique en 1964, sans effusion de sang. Il est "mort paisiblement" dans le début de l'après-midi du 17 juin, dans l'hôpital militaire de la capitale zambienne où il avait été admis pour une pneumonie.

Dans les rues de la capitale, des chauffeurs de taxi roulaient vendredi avec leur signe allumé. "Nous avons décidé de conduire avec nos lumières en signe de deuil pour le Dr Kaunda. Une perte immense pour la Zambie mais aussi pour le monde", a déclaré à l'AFP Lazarus Daka, 37 ans.

"La fin d'une époque"

La Zambie et des pays voisins ont déclaré plusieurs jours de deuil et mis les drapeaux en berne.

Saluant le départ d'une "icône africaine", l'actuel président zambien Edgar Lungu a déclaré dans son hommage avoir appris de Kenneth Kaunda "l'importance du patriotisme et de l'unité nationale", alors que la prochaine présidentielle est prévue en août.

Sa disparition marque "la fin d'une époque", ont estimé lors de la cérémonie les chefs d'État ghanéen, Nana Akufo-Addo, et sud-africain, Cyril Ramaphosa, ce dernier rappelant que Kenneth Kaunda était le "dernier leader survivant de la génération qui a ouvert la voie à la libération de l'Afrique colonisée".

Un "géant parmi les hommes", selon Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine qui a lui aussi fait le déplacement, sans qui l'organisation panafricaine "n'existerait pas". Le ministre britannique pour l'Afrique, James Duddridge, a lui exprimé la "tristesse" de la reine Elizabeth II, soulignant la perte d'"un grand homme".

L'enterrement de Kenneth Kaunda, prévu mercredi à Lusaka, sera "la plantation d'une graine" d'où naîtra un nouveau panafricanisme "libéré de la corruption", a présagé le président du Malawi, Lazarus Chakwera.

Le "Gandhi africain"

Né le 28 avril 1924 dans la mission de Lubwa, dans le nord-est du pays, de parents malawites, "KK" était considéré à la fin de sa vie comme un sage sur le continent africain, même si ses opposants avaient vu en lui un autocrate ayant ruiné son pays.

Au pouvoir pendant 27 ans, son long règne a été en grande partie placé sous un régime de parti unique.

Se réclamant du socialisme et proche de Moscou, il a collectivisé des fermes et nationalisé les riches mines de cuivre et d'autres secteurs-clefs, au grand dam des propriétaires étrangers. Mais la mauvaise gestion, les dettes et la chute des cours du cuivre ont fini par mettre en échec la "zambianisation" du petit pays enclavé d'Afrique australe et provoquer une grave crise économique et sociale.

Se décrivant lui-même comme "un humaniste chrétien", Kenneth Kaunda fut l'un des plus fermes opposants au régime raciste d'apartheid en Afrique du sud et a offert une solide base arrière au Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela, qui organisait depuis Lusaka la lutte armée contre le pouvoir blanc.

Il a aussi apporté aussi un soutien actif aux luttes de libération dans toute l'Afrique australe.

En 1990, de violentes émeutes, sur fond d'autoritarisme croissant, l'obligent à se résigner au multipartisme. Il perdra les premières élections démocratiques, en 1991, face au syndicaliste Frederick Chiluba. "C'est ça le multipartisme, un jour on gagne des élections, un jour on en perd, ça n'est pas la fin du monde", avait-il dit à la télévision, au lendemain de sa défaite.

Avec AFP

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