Les yeux dans les yeux de la Ville blanche

Libération.fr

Un documentaire sans concession de Franssou Prenant sur Alger et les plaies de l’histoire.

On ne verra rien de Madagascar ici car c’est en fait Alger (et plus largement l’Algérie) que le film en forme d’essai documentaire de Franssou Prenant cherche à évoquer par touches et à comprendre un peu au travers d’images d’archives, de témoignages à la volée (et restitués en voix off), de commentaires où la rêverie délicieuse sur le pays d’enfance (la réalisatrice a grandi à Alger avant de quitter la ville et d’y revenir dans les années 2000) se trouble de considérations plus amères sur une ville désormais confite en bigoterie musulmane. Les frondaisons d’immeubles haussmanniens donnant sur la mer que surmontent les maisons de la vieille casbah font le profil de cette capitale, qui demeure un mirage de l’orientalisme défait. A l’intérieur, dans les différentes strates de son histoire finalement encore récente, les rues sont le théâtre de la guerre coloniale, à une époque où «les Arabes étaient parqués et gardés» dans ce qu’on appelait le «village nègre», puis de l’effervescence des seventies quand Alger devint le point de ralliement des pays non alignés… Les années de plomb du terrorisme islamiste et la chute de l’URSS vont briser l’idéal émancipateur. Du bain de sang de la lutte contre les groupes jihadistes surgit un Alger hagard et bientôt mondialisé en dépit de son repli sous la haute surveillance d’un Etat policier. «Les ex-forêts brûlées au napalm pour en extirper les terros, les ex-plages converties en dépotoirs et camps de concentration de baigneurs exclusivement masculins, les ex-villages devenus banlieues de blédards chômeurs jouxtant les ghettos de parvenus…» : les méditations vinaigrées de la cinéaste, étudiante en philo passée par l’Idhec (ex-Fémis), ayant travaillé comme monteuse et scénariste avec Romain Goupil et Raymond Depardon, laissent peu de doute sur le genre de bilan amer que tire celle dont les parents étaient totalement engagés dans le combat pour (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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