“Yalla !” ou la philosophie libanaise

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“Yalla !” dans la file de l’aéroport, “Yalla !” pour inviter les enfants à se dépêcher de se préparer pour partir à l’école, “Allez, Yalla ! à plus tard” pour dire au revoir. Au Liban, impossible de passer à côté de cette expression, qui vient ponctuer si fréquemment les conversations. Tenant à la fois de l’interjection et de l’impératif, c’est dans tous les cas un terme qui propose de se mettre en mouvement, d’aller de l’avant.

Car si on loue très fréquemment la résilience des Libanais, cette capacité à résister aux pires catastrophes, c’est encore plus leur faculté à se mettre en action qui m’impressionne au quotidien. Une manière de s’adapter et de toujours trouver des solutions.

Pour citer quelques exemples concrets, on pourrait notamment évoquer la période post-explosion du port de Beyrouth, en août 2020. Sans attendre que les services municipaux soient activés, ce sont les habitants de la capitale libanaise qui ont nettoyé une partie des débris. Pour entamer la reconstruction, des architectes se sont réunis, des ONG ont été fondées, des entreprises ont fait des dons de matériaux, de fonds financiers, des bénévoles ont travaillé sur des chantiers. Les initiatives d’ordre privé sont multiples.

L’art de se débrouiller

Je pense aussi à l’ONG Rebirth Beirut, fondée par Gaby Ferneiné, qui se charge de remettre en lumière des rues iconiques de la vie nocturne beyrouthine. Une association qui s’est également lancée dans le projet de relancer le fonctionnement de certains feux de signalisation grâce à l’énergie solaire et de réduire ainsi les accidents de la route.

Du fait de la crise bancaire et économique, la grande majorité des foyers a vu fondre son pouvoir d’achat alors que le coût de la vie augmente férocement. Multiples sont les cas où l’un des parents ou des enfants est parti travailler à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe, afin d’obtenir un salaire en dollars et de soutenir ainsi l’ensemble de sa famille.

Cette crise touche particulièrement les personnes âgées qui ont perdu toute l’épargne qui aurait dû assurer leur retraite. Je trouve terrible que ces personnes, qui devraient jouir d’un repos mérité, doivent se remettre à travailler. Néanmoins, il me semble que les familles et entreprises qui les embauchent pour les remettre à flot font preuve de solidarité et d’humanisme.

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