Yémen: l'ONU exhorte à ne pas aggraver «une situation déjà désastreuse»

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Alors que les États-Unis envisagent de placer les rebelles houthis du Yémen sur leur liste des « organisations terroristes », l’ONU a mis en garde sur les conséquences d’une telle décision sur la population civile.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

L’administration Trump fera tout ce qu’elle pourra jusqu’au bout de son mandat pour porter des coups à l’Iran et ses proxys. Parmi eux, les rebelles houthis au Yémen. Mais dans ce cas, si Washington mettait sa menace d’inscrire les rebelles houthis sur leur liste des « organisations terroristes » à exécution, ce serait certainement les civils qui en paieraient les conséquences car cela rendrait bien plus compliquées les livraisons d’aide humanitaire.

Vendredi, Antonio Guterres a demandé, sans les nommer, aux États-Unis « de ne pas faire tanguer le bateau ». « Nous devons tout faire pour éviter le risque d’une famine qui n’aurait probablement pas d’équivalent dans l’histoire récente, à part peut-être la tristement fameuse famine en Éthiopie il y a des dizaines d’années de cela, a exhorté le secrétaire général de l’ONU. Dans cette situation très fragile au niveau de la famine, et alors que nous avons de l’espoir du côté des pourparlers, nous pensons qu’une initiative unilatérale ne serait probablement pas positive. »

« Nous risquons une tragédie »

Si les États-Unis inscrivent les rebelles yéménites sur leur liste, interagir avec des responsables houthis, gérer des impôts, utiliser le système bancaire, rémunérer du personnel médical, acheter nourriture et pétrole mais aussi accéder à internet pourraient être entravés.

L’ONU s’inquiète également des répercussions qu’aurait cette décision sur les avancées de pourparlers actuellement en négociation.

Comme raisons d'une menace de famine accrue, le chef de l'ONU évoque une « réduction drastique » du financement de l'aide coordonnée par l'ONU comparé à 2018 et 2019, l'instabilité du rial yéménite et des obstacles posés par les belligérants aux humanitaires sur le terrain. « J'exhorte tous ceux qui ont de l'influence à agir de toute urgence sur ces questions pour éviter une catastrophe. À défaut, nous risquons une tragédie non seulement dans la perte immédiate de vies, mais avec des conséquences qui se répercuteront sans fin à l'avenir », met-il en garde.