Yémen: Le gouvernement propose de rouvrir sous condition l'aéroport de Sanaa

Marwan Dammaj, ministre de la Culture du Yémen, s'adresse aux médias lors des pourparlers de paix sur le Yémen tenus au château de Johannesberg. Le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite a proposé vendredi, lors des pourparlers de paix tenus sous l'égide de l'Onu en Suède, de permettre la réouverture de l'aéroport de Sanaa, la capitale contrôlée par les rebelles houthis. /Photo prise le 7 décembre 2018/REUTERS/TT News Agency/Janerik Henriksson

RIMBO, Suède (Reuters) - Le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite a proposé vendredi, lors des pourparlers de paix tenus sous l'égide de l'Onu en Suède, de permettre la réouverture de l'aéroport de Sanaa, la capitale qui est aux mains des rebelles houthis.

Il a cependant posé comme condition que les avions se rendant à Sanaa ou partant de la capitale soient inspectés à Aden ou à Sayoun, dont les aéroports sont contrôlés par les forces gouvernementales.

Les Houthis ont rejeté ces conditions, affirmant que la réouverture de l'aéroport devait s'effectuer en respectant les normes internationales, rapporte la chaîne de télévision qatarie Al Djazira.

Le chef de la délégation houthie, Mohammed Abdoussalam, a par ailleurs demandé la fin des combats pour le contrôle de la ville d'Hodeïda, porte d'entrée de l'aide humanitaire qui doit selon lui être tenue à part du conflit.

La priorité, a-t-il poursuivi, est de mettre en place un gouvernement stable au Yémen avant de désarmer les deux camps.

Les délégués du gouvernement yéménite et ceux des rebelles houthis ont entamé leurs pourparlers, les premiers depuis 2016, jeudi au château de Johannesberg, près de Stockholm. Ils se sont déjà mis d'accord sur la libération de milliers de prisonniers.

Membre de la délégation gouvernementale, Marouane Dammadj, ministre de la Culture du président Abd-Rabbo Mansour Hadi, a déclaré à Reuters que l'aéroport de Sanaa devait être rouvert "pour mettre fin aux souffrances du peuple".

"Mais les personnes qui quitteront Sanaa devront faire escale à Aden avant de gagner un pays étranger", a-t-il précisé.


INSPECTIONS

Hamza Al Kamali, autre membre de la délégation gouvernementale, a précisé que les appareils qui partiront de Sanaa devront s'arrêter à Aden, dans le sud du pays, ou à Sayoun, à l'est de la capitale, pour être inspectés avant de poursuivre leur route.

L'émissaire de l'Onu Martin Griffiths, qui supervise les discussions, veut aussi obtenir un accord sur la conclusion d'une trêve dans le port d'Hodeïda tenu par les Houthis appuyés par l'Iran.

Cela pourrait déboucher sur un cessez-le-feu plus large qui mettrait un terme aux frappes aériennes de la coalition et aux tirs de missiles des rebelles en Arabie.

Les Saoudiens et leurs alliés, qui se sont engagés militairement en 2015 pour rétablir Abd-Rabbo Mansour Hadi dans ses fonctions, veulent aujourd'hui sortir d'une guerre coûteuse.

De leur côté, les alliés occidentaux qui fournissent armes et renseignements à la coalition arabe souhaitent trouver rapidement une issue au conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et exposé plus de huit millions de Yéménites à la famine.

L'Arabie saoudite est affaiblie depuis l'assassinat le 2 octobre du journaliste et opposant Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul. Le Sénat américain envisage de voter une résolution pour mettre fin au soutien des Etats-Unis à la coalition saoudienne au Yémen.


(Aziz El Yaakoubi, avec Hesham el-Sherif à Dubaï; Guy Kerivel pour le service français)