Yémen: les combats s’intensifient à Marib, en dépit des appels à la trêve

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Des combats entre rebelles houthis et forces loyales dans la région de Marib, le dernier bastion tenu par les loyalistes au Yémen, ont fait au moins 53 morts ces dernières 24 heures dans les deux camps. Un bilan fourni par l’armée gouvernementale, mais non confirmé par les Houthis.

Les combats entre rebelles houthis et forces pro-gouvernement se sont intensifiés ces derniers jours près de Marib. Selon des sources militaires, au moins 53 personnes ont été tuées ces dernières 24 heures : 22 côté loyaliste, parmi lesquels cinq officiers, et 31 dans les rangs des rebelles. Ces derniers communiquent rarement sur leurs pertes.

Les combats se sont concentrés sur les fronts de Kassara et de Machjaa, au nord-ouest de Marib, capitale de la province éponyme riche en pétrole. Les rebelles tentent depuis début février de s'emparer de ce bastion loyaliste, situé à 120 kilomètres de la capitale Sanaa, contrôlée par les Houthis depuis 2014, comme une grande partie du nord du pays.

L'offensive, qui connaît des moments de recrudescence et des périodes relativement plus calmes, n'a pas cessé en dépit de nombreux appels pour une trêve. En mars déjà, des dizaines de combattants ont été tués dans les combats, notamment au début du mois. Les rebelles s'étaient emparés d'une position stratégique près de la ville.

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« Les rebelles ont réussi à gagner un peu de terrain » lors de ces combats, selon l'une des sources militaires, mais sans menacer la ville de Marib elle-même.

L'aviation de la coalition, menée depuis 2015 par l'Arabie saoudite, est intervenue en soutien aux forces progouvernementales. En dépit de ces bombardements, les rebelles poursuivent leur offensive. Ces derniers mois, ils ont également multiplié les tirs de missiles et de drones sur l'Arabie saoudite et ont rejeté une proposition de Riyad pour un cessez-le-feu.

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« La nécessité de désescalade »

La perte de Marib serait un coup dur pour le gouvernement et Riyad, mais également une menace pour les civils : au moins un million de déplacés ont trouvé refuge dans des camps de la région.

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait condamné le 18 mars « l'escalade » des affrontements armés autour de Marib, en mettant en garde contre une aggravation de la catastrophe humanitaire dans le pays déjà à genoux après plus de six ans de guerre.

Insistant sur « la nécessité de désescalade » de la part de toutes les parties, le Conseil de sécurité a notamment appelé les Houthis, soutenus par l'Iran, à interrompre leurs efforts de guerre à Marib emboîtant le pas à Washington.

« L'aide seule ne mettra pas fin au conflit. Nous ne pouvons mettre fin à la crise humanitaire au Yémen qu'en mettant fin à la guerre (...) et les États-Unis relancent leurs efforts diplomatiques pour mettre fin à cette guerre », avait déclaré le secrétaire d'État américain Anthony Blinken lors d'une conférence virtuelle de donateurs début mars. « La première étape nécessaire est de mettre fin à l'offensive contre Marib (...) et de se joindre aux Saoudiens et au gouvernement du Yémen en agissant de manière constructive en faveur de la paix », avait-il ajouté.

Le conflit, déclenché en 2014 par une offensive des rebelles qui ont conquis de vastes pans du territoire, a tué des dizaines de milliers de personnes, selon des ONG, et poussé des millions d'autres au bord de la famine. C'est la pire crise humanitaire au monde d'après l'ONU.

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(Avec AFP)