Du XVIIe au XXIe siècle, petite histoire des masques de protection

A partir du XVIIe siècle, divers masques de protection ont été utilisés. Des longs becs des médecins de peste aux masques chirurgicaux ou FFP2 utilisés actuellement, l’évolution de ces dispositifs médicaux a été conditionnée par celle de diverses théories d’hygiène.

Souvent de forme rectangulaire mais parfois un peu plus ovale, rappelant alors un bec de canard, il mesure environ 15 à 20 centimètres sur 10, apparaît généralement blanc ou bleu mais commence à se décorer, tient devant le nez et la bouche au moyen de deux élastiques ou de quatre rubans et est parfois remplacé par une visière de plexiglas : c’est le masque de protection chirurgical, FFP2 ou lavable tel qu’on l’utilise en 2020, pendant la pandémie de Covid-19. Mais ce masque a parfois adopté d’autres formes, été imprégné de vinaigre ou d’essences parfumées, ou été fixé au visage par diverses armatures métalliques. Retour sur l’évolution de ce dispositif médical façonné par les grandes épidémies de l’Histoire et par les théories d’hygiène écrites par de célèbres médecins, d’Hippocrate à Pasteur.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles : des masques parfumés et du tissu pour se protéger de la peste

  • Le masque des médecins de peste

Le masque des médecins de peste apparaît sans doute comme le masque le plus étrange de l’histoire de l’hygiène : en forme de bec d’oiseau dépassant d’un équipement composé notamment de lunettes, d’une longue blouse de tissu ciré, d’un pantalon et de gants de cuir ainsi que d’un bâton permettant de toucher ou de repousser les malades, ce long masque fait le plus souvent de carton bouilli n’est plus porté aujourd’hui que par des amateurs de déguisements, par exemple au carnaval de Venise. Il a pourtant bien été inventé par un médecin, et même par le premier médecin de Louis XIII, Charles de Lorme, pendant une épidémie de peste qui sévissait en 1619.

Charles de Lorme préconisait d’ailleurs d’emplir de parfums ce « nez long d’un demi pied en forme de bec [pourvu] de deux trous, un de chaque côté à l’endroit des ouvertures du nez naturel ». En effet, à Paris puis dans toute l’Europe, des éponges imprégnées par exemple de camphre, de laudamum ou de vinaigres ainsi que des épices et des plantes tassées telles que le thym, le [...]

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