Xavier Bertrand passe par le Congrès LR, un pari très risqué

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Xavier Bertrand photographié au sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand (Photo by Adrien Fillon/NurPhoto via Getty Images) (Photo: NurPhoto via Getty Images)
Xavier Bertrand photographié au sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand (Photo by Adrien Fillon/NurPhoto via Getty Images) (Photo: NurPhoto via Getty Images)

POLITIQUE - Au football, on appellerait ça un contre-pied. Ce lundi 11 octobre, Xavier Bertrand a annoncé sur TF1 qu’il comptait soumettre sa candidature à l’élection présidentielle au vote des adhérents du parti Les Républicains, qui auront donc à choisir le 4 décembre entre le président des Hauts-de-France, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti, Philippe Juvin et Denis Payre. Une position qui a de quoi surprendre, tant l’ancien ministre, opposé à toutes formes de primaire, a souvent laissé entendre qu’il ne participerait à aucune compétition interne.

Mais au coup de force d’une candidature en solo qui aurait pu être fatale à la droite, Xavier Bertrand a finalement préféré le collectif, à deux jours de la date limite du dépôt des candidatures. Il faut dire que son plan initial, consistant à s’imposer naturellement en tuant le match dans les sondages, ne s’est pas réalisé, même s’il reste le mieux placé des prétendants à l’investiture LR.

“La solution de facilité, c’était de faire cavalier seul. Je n’ai pas voulu faire cela, car dans mon ADN, il y a le rassemblement. Je veux rassembler l’ensemble des Français, il faut que je commence avec ma famille politique”, a déclaré le président des Hauts-de-France, qui a vu ce lundi un sondage Ifop le placer au même niveau que Marine Le Pen, à 16% d’intentions de vote. Ce que ses partisans ont résumé ainsi: “il est le seul à pouvoir se qualifier pour le second tour”.

Rancune tenace

En réalité, Xavier Bertrand faisait face un dilemme. D’un côté, il avait la possibilité de partir en solo en se privant (au moins au début de la campagne) des ressources du parti de Christian Jacob et en faisant courir le risque d’une dispersion à droite. De l’autre, il avait le choix de passer sous les fourches caudines d’un parti qu’il a quitté avec fracas (il s’est justifié ce lundi en rappelant que certains à droite n’avaient pas appelé à voter pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen), et au sein duquel il n’est pas vraiment en odeur de sainteté, et risquer ainsi de dilapider le capital politique qu’il a patiemment bâti durant des mois.

Car, en interne, la rancune est encore tenace à l’égard du candidat. En témoignent les résultats d’une enquête commandée par la structure du député LR Julien Aubert, Oser la France. Xavier Bertrand y récoltait 38 % de bonnes opinions. Loin derrière Valérie Pécresse (52 %) et Michel Barnier (58 %) dont la cote ne cesse monter en interne. “Il est proche de Laurent Wauquiez, qui reste très influent dans le parti, et il a eu le bon goût de garder sa carte LR, à l’inverse de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand”, analysait un proche de l’ancien négociateur européen du Brexit il y a quelques jours, savourant la “hype” qui monte autour de Michel Barnier, malgré une relative discrétion dans les médias.

Un signal qui montre que la partie s’annonce compliquée pour le président des Hauts-de-France, qui a mis du temps à tendre les bras aux Républicains, à l’inverse de sa concurrente d’Île-de-France qui a toute de suite affirmé qu’elle acceptait une compétition interne. Pour faire oublier “Valérie Traîtresse”, l’élue francilienne s’est d’ailleurs adjoint les services de Patrick Stefanini, directeur de campagne de François Fillon en 2016 pour diriger la sienne. Elle a aussi appelé très tôt les adhérents de son parti Libres! à entamer les démarches pour adhérer aux Républicains; les adhésions seront d’ailleurs ouvertes jusqu’à la mi-novembre.

Une avance que Xavier Bertrand devra rattraper, lui qui a été sifflé lors de l’université d’été des Jeunes LR.

“Lorsque la droite est unie, elle gagne”

Mais l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy ne part pas sans atouts. Dans la grande enquête commandée par Les Républicains à la rentrée, 71% des électeurs de droite le jugeaient capable de battre Emmanuel Macron, contre 56% pour Valérie Pécresse et 38% pour Michel Barnier. Ce qui pourrait lui permettre de bénéficier d’une sorte vote utile, dans un contexte où il épargne à la droite le pire des scénarios.

Ce lundi soir, plusieurs cadres du parti de droite ont d’ailleurs applaudi sa décision et son sens des responsabilités. “Je me félicite de la décision de Xavier Bertrand. Ce soir, la droite est rassemblée autour des Républicains. En décembre, nos adhérents désigneront notre candidat à la présidentielle parmi des personnalités de talent. Lorsque la droite est unie et rassemblée, elle gagne”, a réagi Christian Jabob.

“Si Xavier Bertrand avait dit, je ne suis pas dans la famille, je fais mon chemin de mon côté, la droite était assurée d’avoir deux candidats, et cernée entre Éric Zemmour et Édouard Philippe, était assurée de disparaître dans ce scrutin de 2022”, a renchéri Julien Aubert. Reste alors à savoir si les militants qui voteront le 4 décembre lui en seront assez reconnaissants pour le désigner candidat à l’élection présidentielle et ainsi valider le pari pris ce lundi. Car dans l’hypothèse inverse, au football, on appellerait ça un but contre son camp.

À voir également sur Le HuffPost: À peine réélu, Bertrand a plus parlé ”à la France” qu’aux “Hauts-de-France”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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