Wimbledon: les trophées pour Federer et Muguruza, les doutes pour Djokovic

Ludovic LUPPINO
Roger Federer et Garbine Muguruza, vainqueurs de Wimbledon, lors du Dinner des Champions, le 16 juillet 2017 à Londres

Wimbledon (Royaume-Uni) (AFP) - Le grand-huit de Roger Federer, la confirmation pour Garbiñe Muguruza, les soucis chroniques de Novak Djokovic et l'inoxydable Venus Williams: ce qu'il faut retenir de la cuvée 2017 de Wimbledon.

. Federer ne veut pas s'arrêter là

Avec une huitième couronne, le Suisse est devenu le joueur le plus titré dans l'histoire de l'épreuve masculine et a amélioré le record en Grand Chelem (19 désormais). Il confirme son retour au premier plan, après s'être offert l'Open d'Australie en début d'année.

Prochaines étapes: s'offrir le trophée à l'US Open (28 août - 10 septembre), qui le fuit depuis 2008 et tenter de ravir le trône du N.1 mondial Andy Murray d'ici la fin de l'année. Mais le Bâlois, à bientôt 36 ans (le 8 août), ne veut pas s'arrêter là. Il compte bien défendre son titre à Londres l'an prochain voire prolonger l'aventure si son physique, la forme et l'envie suivent. Jusqu'où ira-t-il?

. Il faudra compter avec Muguruza

La confirmation de l'Espagnole se faisait attendre. Pas une seule finale depuis son sacre à Roland-Garros l'an passé. Mais sur l'herbe anglaise, la puissance de la longiligne joueuse de 23 ans a fait merveille. Elle n'a perdu qu'un set, en huitième de finale, face à l'Allemande Angelique Kerber. En finale, elle a même infligé une "bulle" à l'expérimentée Venus Williams (7-5, 6-0).

En l'absence des stars Serena Williams (enceinte) et de Maria Sharapova, (blessée), Muguruza a saisi l'opportunité et compte désormais autant de titres majeurs que Kerber (2). Plus jeune que l'Allemande (28 ans) et plus expérimentée que la championne de Roland-Garros, la Lettone Jelena Ostapenko (20 ans), l'Espagnole est peut-être la mieux placée pour devenir la future patronne de la WTA.

. Venus n'abandonne jamais

Ni une maladie auto-immune, ni l'usure du temps n'arrêtent l'aînée des s?urs Williams devenue à 37 ans la finaliste la plus âgée de Wimbledon depuis 23 ans et sa compatriote Martina Navratilova. L'année 2017 est donc bien celle du come-back pour la grande Floridienne (1,85 m) qui avait déjà atteint la finale en Australie, battue par sa soeur Serena. Sa précédente finale majeure remontait à 2009 à Londres.

L'Américaine refuse de croire qu'elle a raté sa dernière chance de soulever un 8e trophée majeur: "Je pense en être capable. Je ne veux pas me contenter d'être en finale."

. La crise se poursuit pour Djokovic

L'ancien N.1 mondial a subi son cinquième échec consécutif en Grand Chelem, presque sans combattre lors des quarts de finale face au Tchèque Tomas Berdych. Rattrapé par des douleurs au coude droit, Djokovic a abandonné après à peine plus d'un set.

Le problème est chronique, aux dires du Serbe qui souffre "depuis un an et demi" et n'a jamais eu aussi mal qu'à Wimbledon. Une opération n'est pas impossible même si "Djoko" est plus partant pour "une longue pause", qui serait bénéfique aussi "pour l'esprit". Pour combien de temps?

. Les abandons gâchent le plaisir

Mollet qui tire, cheville qui flanche ou un genou tordu qui fait hurler de douleur l'Américaine Bethanie Mattek-Sands: cette édition s'est révélée rude pour les organismes, avec pas moins de 12 abandons (10 chez les messieurs, 2 chez les dames).

Si le Croate Marin Cilic, victime d'une "vilaine ampoule" qui l'a handicapé en finale contre Roger Federer, avait aussi rendu les armes avant la fin, le tournoi aurait égalé son record de 2008 et 2013.

. Les déceptions françaises

Les Bleus qualifiés pour la seconde semaine - Caroline Garcia, Andy Murray et Adrian Mannarino - n'étaient pas ceux attendus. Tous trois se sont arrêtés en huitièmes de finale. C'est le pire bilan depuis 2014. Au rang des plus grandes déceptions: Kristina Mladenovic, battue dès son 2e match par l'une de ses proies préférées, l'Américaine Alison Riske. Richard Gasquet, deux fois demi-finaliste, a lui chuté d'entrée contre le vétéran espagnol David Ferrer.

Et que dire des tenants du titre du double, Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert, éjectés dès le 2e tour par des sans-grade, les Britanniques Marcus Willis et Jay Clarke, classés au-delà de 300e place en simple et de la 700e en double...

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