William Forsythe «Un scénario où les humains seraient une anomalie»

Libération.fr

Robotique, neurosciences, futur de l’humanité… la star américaine compile ses obsessions dans une exposition d’«objets chorégraphiques», au Bourget. Un espace fantastique et funèbre où dansent d’énormes créatures mécaniques. Rencontre.

C’est une séquence qui dure vingt-huit minutes, et qui pourrait bien durer vingt-huit siècles. On resterait encore et encore devant ce spectacle. Enfin cette expo. D’immenses drapeaux noirs, étendards à la gloire d’on ne sait quelle conquête, menée sur on ne sait quel territoire, claquent dans le vide un peu réfrigérant de la galerie Gagosian au Bourget. Ils bougent à l’unisson puis en contrepoint, déployant leur soie noire qui enfle et se rétracte, s’arrondit en dos de baleine, se déploie comme une goutte d’encre dans l’eau. Ou frôlent l’air juste sous notre nez, comme des épées. Car ce sont des bras articulés qui animent ces gigantesques fanions, d’inépuisables robots laqués de noir, programmés pour durer, qui achèvent de donner à l’ensemble une tonalité vaguement apocalyptique. Même le temps que prend le tissu pour s’évanouir est programmé au centième près, dans cet étrange ballet.

Est-ce là ce qui resterait de la danse, quand il ne resterait plus rien ? Et quelle surprise que ce soit, entre tous, le chorégraphe William Forsythe, lui qui a tant exigé du corps humain, qui en soit le créateur.

«Choreographic Objects», l’expo que lui consacre l’antenne de Gagosian en banlieue parisienne, présente trois œuvres récentes de l’Américain révélé en Europe qui fouillent du côté de la survivance des formes, de l’extinction des corps, de leur si précieuse faillibilité. La monumentale Black Flags (2014) en son grand aquarium, sorte d’accomplissement futuriste de l’œuvre de l’Américaine Loïe Fuller - elle dont le corps s’est tant meurtri, un siècle plus tôt, à vouloir battre des ailes de papillon sur scène. Puis la vidéo Alignigung (2016), où les corps entremêlés, comme comprimés dans le vide, de deux danseurs semblent à leur tour scrutés par un (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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