WHIRLPOOL La bataille d’Amiens

Libération.fr

Alors qu’Emmanuel Macron rencontrait mercredi l’intersyndicale de l’usine amiénoise, menacée de délocalisation, Marine Le Pen a rendu une visite surprise aux salariés, défiant ainsi son adversaire sur le terrain social.

Là où Jacques Attali voyait une «anecdote», Marine Le Pen a perçu l’occasion de mettre en scène un combat épique, une lutte dans la suie et la rage. Mercredi, avec pour décor Amiens - la ville natale d’Emmanuel Macron -, s’est joué en direct sur les chaînes d’info et dans l’odeur des pneus brûlés un morceau de théâtre électoral d’une ébouriffante intensité. Avec, au milieu du bruit (médiatique) et de la fureur (sociale), les ouvriers de l’usine Whirlpool, et François Ruffin dans les seconds rôles.

8 h 45 : à la télé

Sur la chaîne d’info LCI, Jacques Attali, invité du désormais célèbre dîner de la Rotonde dimanche soir, se lâche. On l’interroge sur le calvaire des ouvriers de l’usine Whirlpool, auprès desquels se rend son candidat ce mercredi. «C’est une anecdote. Une anecdote qui s’inscrit dans un contexte plus large de création d’emplois…» Pendant ce temps-là, devant le QG du candidat dans le XVe arrondissement de Paris, une tripotée de journalistes accrédités embarque dans un bus en direction de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Amiens, où Macron doit rencontrer l’intersyndicale des ouvriers de Whirlpool à midi. Libération a préféré prendre la température devant l’usine.

10 heures : Devant l’usine

Quelques pneus brûlent. Un cercueil en pancarte trône devant la grille : «Whirlpool a tué 286 emplois à Amiens». Un gréviste apporte un carton de saucisses dans la tente de l’intersyndicale. On s’avance vers trois hommes charpentés, coupe en brosse et rasés sur les côtés. «Vous travaillez ici ?»«Nope.» On capte rapidement qu’on a affaire à trois militants du Front national. On remarque alors le jeune Eric Richermoz, conseiller régional FN de Picardie et proche de Florian Philippot, qui fait les cent pas au téléphone entre deux phrases lâchées (...) Lire la suite sur Liberation.fr

L’émergence d’un vote FN
Un arrière-goût du traité européen de 2005
Le Pen, la stratégie des coups d’éclat
Négociation
A Amiens, des ouvriers essorés par les plans sociaux

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages