Washington veut que Moscou respecte le traité INF

La Russie doit cesser de développer un système de missiles de croisière, en violation du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) de 1987, sinon les Etats-Unis chercheront à détruire ce système avant qu'il ne soit opérationnel. /Photo d'archives/REUTERS/Gleb Garanich (Reuters)

BRUXELLES (Reuters) - La Russie doit cesser de développer un système de missiles de croisière, en violation du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) de 1987, sinon les Etats-Unis chercheront à détruire ce système avant qu'il ne soit opérationnel, a déclaré mardi l'émissaire américaine à l'Otan.

Washington croit savoir que Moscou met au point un système terrestre de lancement de missiles qui lui permettrait de lancer une frappe nucléaire sur l'Europe à court terme. La Russie a nié développer de tels missiles.

Les Etats-Unis restent attachés à une solution diplomatique mais sont prêts à envisager une frappe militaire si le développement d'un système de missiles de moyenne portée se poursuit, a dit Kay Bailey Hutchison.

"A ce stade, nous examinerions la possibilité de détruire un missile (russe) qui pourrait frapper" l'un des pays de l'Alliance transatlantique, a-t-elle déclaré.

"Ils sont prévenus", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.

Le traité INF, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, vise au démantèlement des missiles lancés du sol dont la portée est située dans une fourchette de 500 à 5.500 km.

L'administration Trump avait déjà accusé en décembre dernier la Russie de violer l'INF.

"Ce dont l'ambassadrice Hutchison parlait, c'est d'améliorer la position générale en matière de défense et de dissuasion", a déclaré à Washington la porte-parole du département d'Etat.

"Les Etats-Unis sont déterminés à respecter leurs engagements en matière de contrôle des armements et attendent de la Russie qu'elle fasse de même", a ajouté Heather Nauert lors d'une conférence de presse.

De telles déclarations sont dangereuses, a dit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant que Moscou fournirait une réponse détaillée à Washington.

"Il semble que les personnes qui font de telles déclarations ne réalisent pas le niveau de leurs responsabilités et le danger d'une rhétorique agressive", a déclaré Maria Zakharova, citée par l'agence de presse Tass.

En visite à Paris mardi, le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a déclaré aux journalistes qu'il discuterait de cette question avec ses homologues lors de la réunion de l'Otan prévue mercredi et jeudi à Bruxelles.

(Robin Emmott; avec Idrees Ali à Paris; Jean Terzian pour le service français)

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