Washington va financer la modernisation de tanks et missiles anti-aériens pour l'Ukraine

Washington va financer la modernisation de tanks et missiles anti-aériens pour l'Ukraine
Un soldat ukrainien sur un tank à Lisichansk, le 20 mai 2022 - ARIS MESSINIS / AFP
Un soldat ukrainien sur un tank à Lisichansk, le 20 mai 2022 - ARIS MESSINIS / AFP

Les Etats-Unis vont financer la modernisation de chars T-72 et de missiles sol-air HAWK dans le cadre d'une aide militaire à l'Ukraine de quelque 400 millions de dollars, annonce le Pentagone ce vendredi.

Les capacités de défense anti-aériennes comme les blindés figurent assez haut sur la liste des demandes d'aide de la part de l'Ukraine. Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Joe Biden, a rencontré ce vendredi à Kiev Volodymyr Zelensky pour lui annoncer cette nouvelle aide, a annoncé plus tard la Maison Blanche.

Il y a également "souligné le soutien inébranlable des Etats-Unis à l'Ukraine et à son peuple, qui défend sa souveraineté et son intégrité territoriale", note le communiqué.

Ce déplacement intervient à quatre jours des élections législatives aux Etats-Unis, qui pourraient permettre la prise de contrôle du Congrès par le parti républicain, dont certains dirigeants envisagent de réduire l'aide apportée par Washington à Kiev.

Des avancées en matière d'optique, de communications et d'armure

L'aide annoncée concerne le T-72, un char conçu sous l'ère soviétique qui n'est plus au niveau des blindés modernes - comme le Leopard allemand ou le M1 Abrams américain - que Kiev a cherché à obtenir.

Les "chars proviennent de l'industrie de défense tchèque, et les Etats-Unis paient pour la modernisation de 45 d'entre eux, tandis que les Pays-Bas ont pris le même engagement", pour un total de 90 T-72, a déclaré à la presse la porte-parole adjointe du Pentagone, Sabrina Singh.

Le T-72 bénéficiera d'équipement avancé en matière d'"optiques, de communications, et d'armure", a-t-elle affirmé, précisant que certains seraient prêts dès la fin décembre, tandis que d'autres devraient être livrés en 2023.

Les missiles, atout majeur pour l'Ukraine

Interrogée pour savoir pourquoi des chars plus modernes n'étaient pas fournis, Sabrina Singh a avancé des facteurs de coût et de facilité d'usage.

"Ce sont des tanks que les Ukrainiens savent utiliser sur le champ de bataille", a-t-elle déclaré.

L'aide militaire américaine comprend également le financement de la modernisation de missiles HAWK provenant des stocks militaires des Etats-Unis. Ces missiles représentent un atout majeur pour l'Ukraine dans sa lutte contre les drones et les frappes de missiles russes qui prennent pour cible les villes et les infrastructures ukrainiennes.

Sabrina Singh n'a pas souhaité préciser combien de ces missiles seraient modernisés, citant des motifs de sécurité.

"Réparer les dommages causés"

Outre les blindés et les missiles HAWK, cette nouvelle aide américaine comprend entre autres 1100 drones Phoenix Ghost, 40 vedettes maritimes de patrouille blindées, et le financement de la rénovation de 250 véhicules blindés M1117.

L'annonce entre dans le cadre du programme américain d'aide militaire à l'Ukraine, qui finance l'achat d'équipement fabriqués par l'industrie de défense, plutôt que le prélèvement d'équipement dans les stocks militaires américains existants. Cette nouvelle tranche porte à quelque 18,2 milliards de dollars l'aide totale des Etats-Unis à l'Ukraine depuis le début de l'offensive russe le 24 février, et 18,9 milliards de dollars depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, en janvier 2021.

En plus de cette assistance sécuritaire, les Etats-Unis étudient les moyens d'aider l'Ukraine à réparer ses infrastructures critiques d'électricité et d'approvisionnement en eau, pilonnées ces dernières semaines par la Russie.

"Nous essayons de voir ce que nous pouvons faire à court terme pour aider l'Ukraine à réparer les dommages causés, notamment dans les infrastructures électriques, le réseau lui-même", a déclaré à la presse John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Article original publié sur BFMTV.com