A Washington, paroles d'Américains contre l'avortement

Anita BEATTIE et Elodie CUZIN
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Des militants contre l'avortement marchent vers la Cour suprême, le 27 janvier 2017 à Washington

Washington (AFP) - Optimistes et souriants, protégés du froid sous leurs bonnets colorés, des dizaines de milliers d'Américains dont beaucoup de jeunes venus de tous les Etats-Unis se sont rassemblés près de la Maison Blanche à Washington vendredi pour manifester contre l'avortement.

Signe du soutien du nouveau président Donald Trump, le vice-président Mike Pence s'est adressé à la foule "pro-vie". Une première historique qui a enthousiasmé les manifestants, dont voici plusieurs témoignages.

- 'Moins intimidés' -

Annette Vaske, 45 ans, enseignante dans un lycée catholique à Algona, dans le nord de l'Iowa. Une cinquantaine d'élèves et d'enseignants ont fait le voyage en bus qui a pris 20 heures.

"Des gens qui restaient d'habitude en retrait et se contentaient de dire "je suis pro-vie" commencent à agir un peu plus et à se faire entendre davantage. Ils ne se sentent plus si menacés et intimidés. Nous venons de réaliser que nous sommes plus nombreux que ce que nous pensions. (...) J'ai espoir que les choses changent."

- Féministe -

Andrea Dorman, 35 ans, se définit comme "féministe et pro-vie". Mère de trois jeunes enfants, elle a conduit deux heures pour venir à sa première "Marche pour la vie" à Washington. Elle n'a pas voté pour Donald Trump le 8 novembre.

"Je suis progressiste, je suis féministe et je crois que beaucoup de femmes pensent comme moi, que l'avortement est barbare mais surtout que cela fait du mal aux femmes. Mais je suis aussi consciente du fait qu'il nous faut être progressistes et parler aux jeunes d'éducation sexuelle, nous devons les éduquer. Je crois en l'utilité de la pilule contraceptive."

- Soutien de la Maison Blanche -

Peter Fagan, 27 ans, séminariste catholique de l'archevêché de Hartford, dans le Connecticut. Une quarantaine de membres du séminaire ont fait le trajet de plus de 500 kilomètres avec lui la veille. C'est sa première "Marche pour la vie" à Washington.

"Je suis si heureux, c'est génial. Je sens que la Maison Blanche soutient nos efforts. On sent que quelque chose se passe, que le gouvernement est ouvert à la vie, à la protection de la vie aux Etats-Unis." "Je suis heureux de voir que le nouveau président des Etats-Unis n'est pas juste un homme d'affaires mais aussi un homme qui soutient la famille et respecte la vie humaine."

- 'Éduquer' -

Lorene Hutchinson, 52 ans, est venue de Caroline du Sud avec deux de ses cinq enfants, ses deux filles de 21 et 18 ans.

"On ne peut pas légiférer la morale. Nous devons simplement avoir des valeurs différentes, les gens doivent donner de l'importance à la vie humaine. La loi est certes importante mais la vraie question, c'est les gens et leur coeur. Il faut parier sur l'éducation et les valeurs."

- 'Tout le monde sera "pro-vie"' -

Camille, 16 ans, venue d'Indianapolis, à près de 1.000 kilomètres de Washington, en camionnette avec trois amies et deux professeurs de son lycée catholique.

"J'ai l'impression que ça prend plus d'importance maintenant et que tout le monde finira par être pro-vie. Il n'y a aucune raison de choisir la mort plutôt que la vie, l'adoption est toujours une option." A propos de Donald Trump et son soutien au mouvement anti-avortement: "Il faut lui donner une chance. C'est un bon signe que le vice-président soit là".

- 'Historique' -

Chad Hatfield, président du séminaire orthodoxe Saint Vladimir de New York.

"C'est historique. Et cela envoie le message très clair que ce gouvernement traduit en action ses promesse de campagne, c'est-à-dire être fermement du côté du mouvement pro-vie."