Washington allègera le 16 février ses sanctions contre les Houthis

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WASHINGTON ALLÈGERA LE 16 FÉVRIER SES SANCTIONS CONTRE LES HOUTHIS

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ne considéreront plus le mouvement Houthi comme une organisation terroriste à compter du 16 février, a annoncé vendredi le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington continuerait néanmoins de "surveiller attentivement" les activités des rebelles chiites du Yémen et travaillait "activement" à identifier des individus en vue de sanctions ciblées, en particulier les responsables d'attaques contre des navires de commerce en mer Rouge et de tirs de missiles contre l'Arabie saoudite.

La désignation du mouvement Houthi comme organisation terroriste avait été l'une des dernières décisions de l'administration de Donald Trump.

Son successeur, Joe Biden, a annoncé le 4 février dernier la fin du soutien des Etats-Unis à la campagne militaire contre les Houthis lancée en 2015 au Yémen par une coalition sous commandement saoudien, jugeant que cette guerre devait cesser.

Selon les Nations unies, ce conflit, qui a fait des dizaines de milliers de morts, dont beaucoup de civils, est à l'origine de la plus grave crise humanitaire actuelle au monde, avec 80% de la population ayant besoin d'aide et des millions de personnes confrontées à la famine.

Selon beaucoup d'experts et de gouvernements, la décision de l'administration Trump faisait craindre que les sanctions imposées aux Houthis en vertu de la désignation du groupe comme terroriste entravent l'acheminement de l'aide humanitaire.

"Cette décision est une reconnaissance de la situation humanitaire désespérée du Yémen", a déclaré Antony Blinken dans son communiqué.

Cependant, a ajouté le secrétaire d'Etat, les Etats-Unis maintiendront des sanctions contre trois dirigeants du mouvement soutenu par l'Iran, Abdoul Malik al Houthi, Abd al Khalik Badr al Houthi et Abdoullah Yahya al Hakim.

"Les actions d'Ansarallah (autre nom du mouvement, NDLR) et son intransigeance prolongent ce conflit et ont un lourd tribut humanitaire", a-t-il déploré.

(Jonathan Landay et Daphne Psaledakis; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)