Wallerand de Saint-Just: un ex-"catho tradi" en "terre de mission" pour le FN à Paris

Andrea BAMBINO
Il aimerait se faire une place dans le duel annoncé entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet. Sans renier son passé chez les "cathos tradis, le candidat du FN à la mairie de Paris, l'avocat Wallerand de Saint-Just, va tenter, en missionnaire, de réimplanter le parti dans la capitale

Il aimerait se faire une place dans le duel annoncé entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet. Sans renier son passé chez les "cathos tradis, le candidat du FN à la mairie de Paris, l'avocat Wallerand de Saint-Just, va tenter, en missionnaire, de réimplanter le parti dans la capitale.

"Je suis conscient de la difficulté de l'entreprise. Paris c'est une terre de mission", convient l'avocat de 62 ans à la petite moustache blanche, connu pour être le trésorier du FN et qui porte la robe dans les nombreux procès en diffamation qu'intente le mouvement d'extrême droite contre médias ou adversaires politiques.

Comme dans d'autres grandes villes, Marine Le Pen, qui fustige volontiers les "bobos", a largement échoué à Paris durant la présidentielle de 2012, avec 6,4%, loin des 17,9% au niveau national. Un sondage Ifop-Fiducial créditait début juin le FN de 5% des voix dans la capitale aux prochaines municipales.

"Pas mal de nos électeurs sont partis", explique Wallerand de Saint-Just, qui croit néanmoins que "la mayonnaise peut prendre" autour de sa candidature et de son thème phare: "refaire de Paris une ville d'excellence des familles et des entrepreneurs".

"Il a un nom et un look +vieille France+ qui ne correspondent pas du tout à l'électorat bobo parisien. Mais il y a un électorat de droite traditionnelle qui ne supportera pas du tout NKM. Il peut jouer ce coup-là", analyse un cadre frontiste.

Actif dans l'occupation de Saint-Nicolas du Chardonnet

Plus que dans la "vieille France", c'est chez les catholiques traditionalistes que se dessine son parcours. En 1977, le militant qu'il est participe à l'occupation illégale de l'église parisienne de Saint-Nicolas du Chardonnet, devenu symbole de l'intégrisme catholique et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Il s'engage ensuite à l'Agrif, l'association qui, dans les années 1980 et 1990, a multiplié les procès anti-blasphème contre des films ou leurs affiches, comme "Ave Maria" de Jean-Luc Godard ou "La dernière tentation du Christ" de Martin Scorsese.

Plus de vingt ans plus tard, l'avocat, qui a défendu l'ancien chef des milices chrétiennes libanaises Samir Geagea, a été l'un des rares cadres du FN, à l'instar de Marine Le Pen et Florian Philippot, à ne pas participer à la manifestation contre le mariage homosexuel à Paris.

Par pur opportunisme, estime un cadre qui ne l'apprécie guère. "Si demain, Marine (Le Pen) devient catho-tradi, il retourne illico à la messe tradi", glisse-t-il.

Pour convaincre les électeurs, le candidat frontiste veut mettre l'accent sur "le retour à Paris des classes moyennes et populaires". "Paris ne peut pas être seulement la ville des expositions, des bobos et des touristes", plaide-t-il.

Pour cela, il promet de "faire diminuer la pression fiscale", en coupant dans les dépenses culturelles et en direction des associations. "Je présenterai un contre-budget", promet-il.

Plus surprenant au FN, il n'exclut pas non plus de plaider pour des loyers bloqués, afin de donner de l'oxygène aux locataires. "Certains feront des bonds au FN, mais je suis tout à fait favorable à la construction de logements sociaux, à condition qu'on résolve la question de la sécurité, qui est liée à l'immigration", affirme-t-il aussi, ne s'éloignant pas des fondamentaux frontistes.