Wall Street ouvre en repli, soucieuse d'une possible récession

La Bourse de New York a ouvert en repli jeudi, sur les pas de la mauvaise séance de la veille après des indices américains décevants qui font craindre une récession.

L'indice Dow Jones cédait 0,60%, le Nasdaq lâchait 0,93% et le S&P 500 0,72%, vers 15H10 GMT.

Après des ventes au détail en net recul aux Etats-Unis en décembre, le Dow Jones avait cédé mercredi 1,81% à 33.296,96 points, l'indice Nasdaq s'était retranché de 1,24% à 10.957,01 points et l'indice élargi S&P 500 de 1,56% à 3.928,86 points.

Les ventes au détail, un bon baromètre de la consommation aux Etats-Unis qui est le moteur de la croissance, ont chuté de 1,1%, le plus fort recul en un an, pointant vers un ralentissement plus rapide qu'attendu de l'économie.

"Les actions semblent adopter la même orientation à la baisse que la veille en début de séance, alors que les craintes liées à la récession et aux hausses des taux de la banque centrale (Fed) pèsent sur le moral des investisseurs", a indiqué Patrick O'Hare de Briefing.com.

Jeudi, un autre indice, dans le secteur immobilier, a ajouté à la morosité. Les constructions de logements ont reculé de 1,4% en décembre sur un mois après déjà une chute de 1,8% le mois d'avant, un chiffre révisé en nette baisse. En outre, un rebond n'est guère en vue puisque les permis de construire, qui donne une idée des futurs départs de chantier, sont aussi en baisse de 1,6%.

Le marché du travail en revanche ne montre pas encore de signes flagrants de ralentissement, malgré des réductions d'effectifs annoncées dans le secteur de la tech. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont été moins nombreuse la semaine dernière à 190.000 (-15.000).

Paradoxalement, cette bonne nouvelle pour le marché de l'emploi en est une moins bonne pour les investisseurs, car un marché du travail toujours dynamique ne va pas inviter la Fed à faire une pause dans ses hausses de taux, ce que souhaite le marché.

La journée est aussi obscurcie par les incertitudes concernant le plafond de la dette atteint jeudi. Un nouveau bras de fer s'engage entre républicains et démocrates au Congrès pour le relèvement de la capacité d'endettement du pays.

Du côté des valeurs, le géant informatique Microsoft perdait 1,57% à 232,11 dollars à 14H50 GMT après avoir annoncé mercredi la suppression de 10.000 emplois, presque 5% de ses effectifs.

Dernier en date d'une série de grands noms de la tech taillant dans leur masse salariale à l'instar d'Amazon, de Facebook ou de Salesforce, Microsoft dit réagir aux changements de priorité de ses clients et à leur "prudence" face aux risques de récession.

Le leader du streaming Netflix, qui doit annoncer ses résultats après la clôture, chutait de 2,50% à 318,17 dollars. Amazon se repliait de 1,28%, Disney de 1,32% et Roku de 1,39%.

Impacté par l'inflation qui a ralenti les achats de ses clients au deuxième trimestre, Procter & Gamble (P&G), fabricant de produits d'hygiène et de soin, reculait de près de 1%.

P&G a affiché un chiffre d'affaires de 20,8 milliards de dollars, soit 1% de moins qu'un an plus tôt. C'est toutefois légèrement au-dessus des prévisions des analystes.

Ce repli s'explique par la baisse du volume d'achats, qui a chuté de 6% dans son ensemble, les consommateurs étant rebutés par l'augmentation de 10% en moyenne des prix de ses produits comme les rasoirs Gillette ou les couches Pampers.

Sur le marché obligataire, les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans se tendaient légèrement à 3,39% contre 3,36%.

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