Wall Street en ordre dispersé, échaudée par la mise en garde des banques

La Bourse de New York évoluait en ordre dispersé vendredi, crispée par les commentaires des banques américaines sur une possible récession et une augmentation de leurs provisions dans cette perspective.

Vers 15H25, le Dow Jones gagnait 0,06%, l'indice Nasdaq lâchait 0,09% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,17%.

"Le marché est prêt à succomber à des prises de bénéfices après des résultats pas fantastiques des banques", a expliqué, dans une note, Patrick O'Hare, de Briefing.com.

Jeudi, le Nasdaq avait conclu sur une cinquième séance de hausse consécutive.

"C'est une pause dans la tentative de rebond", a ajouté l'analyste, pour qui les résultats et prévisions des entreprises dans les prochaines semaines "détermineront si le marché est prêt à accélérer ou rembobiner."

La saison des résultats a été ouverte vendredi par quatre grandes banques américaines, qui ont toutes fait mieux qu'attendu par les analystes.

Pour autant, elles étaient toutes sanctionnées en début de séance, par des investisseurs qui ont retenu la hausse des provisions pour créances douteuses, signe d'une détérioration de l'économie, et des commentaires assez pessimistes.

Les comptes des banques ont été dopés par un bond de la marge nette d'intérêt, c'est-à-dire la différence entre le taux des prêts de la banque et ceux de ses emprunts, qui s'explique par la brutale remontée des taux de la banque centrale américaine (Fed).

Bank of America (-1,65% à 33,90 dollars) a ainsi vu grimper cette marge de 30%, et a profité de résultats records dans la banque de détail, même si gestion d'actifs et banque d'investissement ont marqué le pas.

Même tableau chez JPMorgan Chase (-0,48% à 138,82 dollars), qui a néanmoins vu ses provisions pour créances douteuses atteindre 2,2 milliards de dollars, en hausse de moitié par rapport au trimestre précédent.

La première banque américaine table désormais sur une "récession modérée", tandis que le PDG de Bank of America, Brian Moynihan a lui fait état d'un "environnement économique en ralentissement de plus en plus marqué".

Wells Fargo (-2,40%) et Citigroup (-0,06%) ont également vu leurs provisions augmenter, la seconde les justifiant par "une détérioration des prévisions macroéconomiques".

Les investisseurs ont également relevé que les consommateurs utilisaient davantage leurs cartes de crédit, selon les banques, ce qui risque de faire monter les impayés, a expliqué Quincy Krosby, de LPL Financial.

"Le marché avait trop monté" ces dernières séances selon les analyses techniques, a indiqué l'analyste. "Dans ce contexte, il n'en faut pas beaucoup pour qu'il connaisse un reflux."

Parmi les entreprises qui faisaient partie de la première vague des résultats figurait également Delta Air Lines (-4,53% à 37,81 dollars), qui a, elle aussi, fait mieux que ne le prévoyaient les analystes.

Le titre était néamoins fui par les opérateurs, déçus par les prévisions de la compagnie pour le premier trimestre, qui intègre une augmentation des coûts hors carburant, liée à des revalorisations de salaires.

Ailleurs à la cote, Tesla était de nouveau attaqué (-3,46% à 119,29 dollars), après avoir abaissé les prix de la plupart de ses modèles aux Etats-Unis et en Europe.

Le constructeur a amputé le tarif de son modèle Y de près de 20%. La décision doit permettre aux acheteurs américains de bénéficier des abattements prévus par le gouvernement pour favoriser le développement des voitures électriques aux Etats-Unis.

Cette initiative de Tesla pénalisait tout le secteur automobile, de General Motors (-4,98%) à Ford (-5,77%), en passant par un autre spécialiste des véhicules électriques, Rivian (-6,94%).

Sur le marché obligataire, les taux consolidaient après la dégringolade enregistrée depuis le début de l'année.

Le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans ressortait à 3,44%, inchangé par rapport à la veille.

Nasdaq

tu/nth