Wall Street en baisse, le ralentissement de l'inflation avait déjà été intégré

La Bourse de New York évoluait en baisse jeudi malgré un chiffre d'inflation qui confirme une accalmie des prix aux Etats-Unis, un indicateur conforme aux attentes qui avait déjà été largement intégré par les investisseurs.

Vers 14H50 GMT, le Dow Jones cédait 0,42%, l'indice Nasdaq lâchait 0,83% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,56%.

L'indice des prix CPI est ressorti en baisse de 0,1% sur un mois en décembre, comme attendu. Sur un an, le rythme de l'inflation a ralenti, à 6,5%, comme anticipé également, contre 7,1% le mois précédent.

L'inflation sur un an "demeure élevée, largement au-dessus de la cible de 2%, mais les prix vont dans la bonne direction", a réagi, dans une note, Rubeela Farooqi, de High Frequency Economics.

Pour les membres de la banque centrale américaine (Fed), "cette nouvelle décélération de l'inflation est un développement positif qui pourrait encourager un ralentissement des hausses de taux en février", lors de la prochaine réunion du Comité de politique monétaire, a-t-elle ajouté.

"Pour autant", selon l'économiste, "les banquiers centraux ont encore du travail pour ramener l'inflation dans la cible et devraient continuer à remonter les taux jusqu'à un niveau suffisamment restrictif", c'est-à-dire qui freine l'économie américaine.

Le marché obligataire a lui interprété l'indice CPI de façon beaucoup plus optimiste et les taux se sont sensiblement détendus. Le rendement des emprunts d'Etat à 10 ans est descendu à 3,45%, son plus bas niveau depuis un mois, contre 3,53 la veille.

Quuant au marché actions, ses indices ont ouvert dans le vert, avant de se retourner rapidement et de partir en négatif.

"Le marché avait beaucoup monté ces derniers jours", a rappelé Chris Zaccarelli, d'Independent Advisor Alliance. "L'essentiel était déjà intégré."

Des opérateurs prenaient des bénéfices sur les titres les plus en vogue ces derniers jours, en particulier dans le secteur technologique, en particulier Alphabet (-1,46%), les fabricants de semi-conducteurs Intel (-0,65%) ou AMD (-2,06%), et les valeurs plus exotiques comme la chaîne de cinémas AMC (-0,91%) et l'enseigne de magasins de jeux vidéos GameStop (-3,15%).

"Il va falloir du temps au marché pour digérer ces données", a expliqué Gina Bolvin, de Bolving Wealth Management. "Pour l'instant, il a l'air un peu désorienté."

La gérante a également relevé que pris par une atmosphère positive, certains traders s'étaient mis à espérer une bonne surprise du CPI. "Ils sont déçus", a-t-elle commenté.

"Je pense qu'on va avoir une séance mitigée aujourd'hui", a prévenu Peter Cardillo, de Spartan Capital, même si "le repli des taux et du dollar stimule l'enthousiasme du marché."

A la cote, Disney était recherché (+1,35% à 97,63 dollars), au lendemain de la communication du conseil d'administration, qui s'est dit opposé à la nomination de l'investisseur Nelson Peltz comme administrateur. Sa société d'investissement, Trian Fund Management, est récemment montée au capital et milite pour des mesures à court terme, en particulier une réduction des coûts.

Les compagnies aériennes prenaient de nouveau de la hauteur, pas affectées par la panne informatique qui a paralysé, mercredi, le trafic aérien durant environ une heure et demie aux Etats-Unis. American Airlines (+5,15%) et United Airlines (+4,36%) étaient aux avant-postes.

L'aciériste Cleveland-Cliffs (+4,52%) surfait sur la hausse récente du prix de l'acier, au diapason de l'ensemble des matières premières depuis plusieurs jours.

Ils étaient accompagnés par les pétrolières, de ExxonMobil (+0,75%) à Chevron (+0,90%), en passant par Phillips 66 (+1,17%).

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