Wall Street attendue hésitante dans le sillage de l'Europe

par Laetitia Volga
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LES BOURSES EUROPÉENNES EN ORDRE DISPERSÉ À MI-SÉANCE

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue hésitante à l'ouverture et les Bourses européennes évoluent en ordre dispersé lundi à mi-séance, tiraillées entre le repli des rendements obligataires, les craintes pour la reprise économique en Europe et la chute de la livre turque.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en légère baisse pour le Dow Jones mais en hausse modérée pour le S&P-500 et plus nette pour lsdaq, les valeurs technologiques profitant de la détente des rendements obligataires.

À Paris, le CAC 40 perd 0,38% à 5.975,36 points vers 12h09 GMT. À Francfort, le Dax prend 0,19% et à Londres, le FTSE gagne 0,17%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en hausse de 0,16%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro recule de 0,06% et le Stoxx 600 est quasiment inchangé (+0,01%).

Après la France, l'Allemagne pourrait à son tour serrer la vis face à l'épidémie de coronavirus en prolongeant pour un cinquième mois les mesures de confinement à l'issue d'une réunion entre la chancelière Angela Merkel et des dirigeants des Länder.

L'économie allemande devrait subir une forte contraction au premier trimestre, a déclaré la Bundesbank, en raison des difficultés du secteur des services et du ralentissement de l'activité dans la construction.

"Plus les économies resteront longtemps bloquées, plus la reprise économique sera lente et plus les cicatrices économiques potentielles de la pandémie pourraient être profondes", a déclaré Sophie Griffiths chez OANDA.

La prudence des marchés est aussi alimentée par la perspective d'une nouvelle tempête financière en Turquie, où la Bourse d'Istanbul chute de 9,29% tandis que la livre plonge après le limogeage, samedi, du gouverneur de la banque centrale.

VALEURS EN EUROPE

Le secteur des voyages et loisirs perd 0,88% alors qu'il devient de plus en plus probable que la saison estivale sera perturbée par la pandémie, une ministre britannique ayant même conseillé à la population d'attendre avant de réserver des vacances à l'étranger.

Parmi les plus fortes baisses du Stoxx 600, Lufthansa, IAG et TUI cèdent entre 4,07% et 5,41%.

Les valeurs bancaires souffrent elles aussi, en particulier celles considérés comme les plus exposées au marché turc: BBVA recule de 6,52% et ING de 2,17%.

AstraZeneca gagne 2,08% après avoir annoncé que son vaccin anti-COVID-19 s'était montré efficace à 79% dans la prévention des symptômes de la maladie dans le cadre d'un important essai mené aux Etats-Unis, au Chili et au Pérou.

Le groupe de luxe suisse Richemont, propriétaire de Cartier, est en hausse de 3,49% après qu'un blog spécialisé a rapporté qu'il avait été approché en janvier par le français Kering (-2,02%) en vue d'une possible fusion mais qu'il avait rejeté cette proposition.

Volkswagen grimpe de 7,43% à la suite d'un relèvement d'objectif de cours de Deutsche Bank à 270 euros contre 185 euros tandis que Plastic Omnium perd 5,02% après un abaissement du conseil de J.P. Morgan, à "neutre".

CHANGES/TAUX

La livre turque se déprécie de 9,72% face au dollar après le changement à la tête de la banque centrale, qui fait craindre un abandon de la politique de remontée progressive des taux visant à juguler l'inflation.

A la hausse, le yen et le franc suisse figurent parmi les principaux bénéficiaires de la demande pour les actifs plus sûrs avec la chute de la livre turque.

L'indice mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence recule légèrement après avoir oscillé près d'un pic de deux semaines dans la matinée.

Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans perd cinq points de base à 1,6946% et celui du Bund allemand lâche plus d'un point à -0,299%.

PÉTROLE

La crainte d'un ralentissement de la demande lié aux mesures de restrictions en Europe pèse sur le marché du pétrole où les cours varient, autour de 64,61 dollars pour le baril de Brent évolue peu et de 61,55 dollars pour celui de brut léger américain.

AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA

(édité par Patrick Vignal)