Voyager loin sans prendre l'avion n'est pas si compliqué, c'est notre challenge!

Sophie Bresdin Azadie
Là où le challenge pour éviter l’avion s’avère le plus intense sera pour rentrer au bercail depuis Singapour, sans revenir sur nos pas. Eh oui, pour traverser les océans, ça se complique un peu! (photo d'illustration)

Ça y est, c’est décidé, pour notre prochain périple d’un an en Asie — dont le départ est prévu en mai 2020 — nous ne prendrons pas l’avion. Bien sûr, l’idée première est de limiter au maximum notre empreinte carbone, l’avion étant sûrement le pire transport en matière d’écologie. Néanmoins, en ces temps où il est de bon ton d’afficher son “flygskam” — autrement dit la honte de prendre l’avion — on ne diabolise pas pour autant ceux qui n’ont d’autre choix que de se déplacer par la voie des airs, pour le boulot par exemple. Car traverser l’Atlantique en pédalo, voilier ou encore cargo-stop pour se rendre à une conférence à New York est totalement illusoire, à moins de s’appeler Greta Thunberg…

Prendre tout notre temps

Pour les seniors-globetrotteurs au long cours que nous sommes, le problème de rentabilité professionnelle ne se pose pas: on a tout notre temps, ça aide! On peut donc facilement se passer de courir le globe à 900 km/h, une vitesse qui, soit dit en passant, me rend assez perplexe: être propulsée en quelques heures aux antipodes du lieu que l’on vient de quitter, me laisse toujours la désagréable sensation qu’une partie de moi-même est restée sur place, quand l’autre a franchi en un temps record des milliers de kilomètres. Résultat, il me faut toujours quelques jours pour assimiler ma nouvelle géolocalisation! En se déplaçant au rythme lent des transports terrestres et maritimes, on échappe totalement à cette nécessaire adaptation, et le voyage devient lui-même source de curiosité et de plaisir. Parce qu’au-delà de l’aspect environnemental, privilégier les moyens de transport locaux nous permet une immersion immédiate dans le quotidien du pays, et les échanges avec la population se font naturellement, tout en nous obligeant à apprendre les rudiments de la langue. Bon, je reconnais qu’en Chine ou en Russie, l’acclimatation linguistique sera un poil plus délicate à gérer que dans les pays anglophones ou hispanophones. Mais on s’adaptera, on a...

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