"Ils vont jouer la montre": le retour des filles afghanes à l'école, fausse promesse des talibans?

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Les talibans ont annoncé que les collégiennes et lycéennes pourront retourner à l'école "aussi vite que possible". Une promesse qui devrait rester lettre morte selon la vice-présidente de l'université américaine de Kaboul.

Depuis quelques semaines, les manifestations se multiplient en Afghanistan. Des Afghanes, soutenues par des étudiants, réclament le retour des filles à l'école dont les portes leur ont été fermées depuis le retour des talibans au pouvoir. Mardi, ces derniers ont annoncé que ce retour des collégiennes et lycéennes à l'école se ferait "aussi vite que possible"

Une promesse qui devrait rester lettre morte pour la vice-présidente de l'université américaine de Kaboul. "Je n’y crois pas trop puisque c’est exactement la même chose qu’ils ont dit en 1996 et de 1996 à 2001, les Afghans ont attendu patiemment et rien ne s’est passé", a expliqué sur BFMTV Victoria Fontan, qui estime que les talibans trouveront un moyen de "contourner" cette annonce.

"Ils vont jouer la montre"

A leur retour en pouvoir au mois d'août, les talibans ont fait fermer les écoles. Actuellement, garçons et filles ont pu retourner à l'école uniquement dans le primaire. Samedi dernier, la réouverture des collèges et lycées a été annoncée pour les garçons, une annonce excluant les jeunes filles qui a suscité l'inquiétude de la population afghane et de la communauté internationale.

"Les parents d’élèves nous demandent la reprise des cours dès la 6e pour que les filles puissent continuer leurs études et qu’elles soient ensuite autonomes dans leurs décisions", explique Sumaya, professeure dans une école privée de Kaboul.

Outre les collèges et les lycées, les talibans ont affirmé que les femmes pourraient étudier, mais séparées des hommes, dans les universités privées. "Ce qu’ils sont en train de faire c’est qu’ils sont en train de congédier toutes les professeures féminines et ils ont établi une règle qui dit bien que les filles sont obligées d’avoir un enseignement par les professeures féminines."

Et d'insister: "En les congédiant et en disant on a un problème, on va attendre la solution, on peut jouer la montre et ça peut durer des années", poursuit Victoria Fontan.

La vice-présidente de l'université américaine de Kaboul ne croit pas non plus à une prise en compte du mécontentement de la population, en raison des "répressions difficiles" contre les manifestants. A cela s'ajoute le remplacement dans les universités des dirigeants par des mollahs, des docteurs en droit coranique, ou encore le changement du ministère des Affaires féminines en ministère de la Promotion de la vertu et de la prévention du vice.

Article original publié sur BFMTV.com

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