Maurice Genevoix : ils vont faire chanter les pierres du Panthéon !

Par Christophe Ono-dit-Biot
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L'artiste Anselm Kiefer devant l'une de ses œuvres exposées en 2019 à Londres.
L'artiste Anselm Kiefer devant l'une de ses œuvres exposées en 2019 à Londres.

« L'art survivra à ses ruines » : c'était le titre de sa leçon au Collège de France. « Hitler avait décrété que les ponts, en Allemagne, devaient être en pierre afin que leurs ruines soient belles. Il pensait trop aux ruines. Il les a eues. » Voilà ce que nous confiait Anselm Kiefer en octobre 2015 en nous parlant du mal éternel et de l'ordre symbolique dans le labyrinthe de son gigantesque atelier. Les anciens entrepôts de la Samaritaine jouxtant l'aérodrome de Croissy-Beaubourg, en Seine-et-Marne, 35 000 mètres carrés gardés par deux oiseaux colossaux qui semblaient vouloir prendre leur envol malgré les cages d'acier corrodé qui les emprisonnaient. On regardait ses toiles immenses, couvertes de constellations et de phrases tirées des grands récits antiques. L'artiste allemand, né en 1945 à Donaueschingen, en Allemagne, évoquait pour nous les Argonautes ou le nordique Naglfar, un navire fait des ongles des soldats morts. Pourquoi accorder tant d'importance aux mythes ? « Ils vous disent comment le monde est né, expliquait-il. Ils réunissent ce qui est séparé et produisent du sens, une cohérence. »

Ce n'est pourtant pas au mythe qu'il se confronte cette fois, mais à l'Histoire. La plus dure, la plus sanglante. Celle de 14-18, à l'occasion de la panthéonisation de Maurice Genevoix ce 11 novembre, annoncée en 2018 par Emmanuel Macron lors d'un déplacement aux Éparges, dans la Meuse, théâtre d'atroces combats en 1915 et où l'écrivain-combattant avait été bless [...] Lire la suite