Vous avez vomi une huître ? Il est possible que vous ne puissiez plus en remanger... Voici pourquoi

Hermann Click / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les allergologues appellent ça le SEIPA. Peu connu du grand public, ce syndrome d'allergie aux protéines alimentaires peut se déclarer n'importe quand. Chez l'adulte, il est à l'origine d'un nombre sous-estimé d'allergies, principalement aux huîtres et autres fruits de mer.

Une fois que tu as vomi une huître c’est fichu, tu ne peux plus jamais en manger”. Nombreux sont ceux qui ont entendu ce populaire adage, entre diagnostic et malédiction. Loin d’être une simple idée reçue, cette allergie aux huîtres, présumée rare mais pouvant se déclarer à tout moment de la vie d’adolescent et d’adulte, possède un nom : le SEIPA.

“Le SEIPA, c’est le syndrome d'entérocolite (inflammation intestinale, ndlr) induit par les protéines alimentaires”, traduit pour Sciences et Avenir la Dr Madeleine Epstein, allergologue. Le SEIPA est plus largement décrit chez le nourrisson, chez qui il est à l’origine de certains cas de la fameuse allergie aux protéines de lait de vache, mais aussi aux œufs, poisson ou tout autre aliment. “Le SEIPA le plus fréquent chez les adultes est déclenché par les huîtres, au point que les allergologues se demandent dans quelle mesure l'ensemble des toxi-infections attribuées aux huîtres seraient en réalité des SEIPA”, révèle Madeleine Epstein.

Des données rares

A l’international, les fruits de mer en général sont également pointés du doigt quant au SEIPA de l’adulte, dont l’incidence reste floue. Une étude n’estime qu’à 0,22% la proportion d’adultes souffrant de SEIPA (toutes protéines alimentaires confondues) contre 0,55% pour les nourrissons aux Etats-Unis. En France, une enquête menée auprès des allergologues franciliens, co-signée par le Dr Epstein, a trouvé seulement 38 cas de SEIPA aux huîtres sur l’année 2019. "Un nombre largement sous-estimé", appuie l'allergologue, tant les cas déclarés représentent une faible proportion des cas réels, souvent abordés lors d'une consultation se rapportant à un autre motif. Les patients étaient principalement des femmes dont l’âge moyen était de 40 ans. Des chiffres qui font écho à une étude canadienne de 2020, rapportant 68% de femmes dans le SEIPA adulte.

Mais les données sont rares, car si les parents de nourrissons allergiques aux protéines de lait, auxquelles ils sont exposés tou[...]

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