Volodymyr Zelensky accuse la Russie de "faire disparaître" des civils dans des "camps spéciaux"

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Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 11 avril 2022 (photo d'archives) (Photo: CHUNG SUNG-JUN via AFP)
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 11 avril 2022 (photo d'archives) (Photo: CHUNG SUNG-JUN via AFP)

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 11 avril 2022 (photo d'archives) (Photo: CHUNG SUNG-JUN via AFP)

GUERRE EN UKRAINE - Le président ukrainien porte de nouvelles et de lourdes accusations contre son voisin et envahisseur russe. Invité sur BFMTV, Volodymyr Zelensky a abordé le sort des Ukrainiens ayant fui ou ayant été amenés de force en direction de l’est, vers les territoires aux mains de la Russie ou en Russie, ce mercredi 20 avril.

Selon lui, une partie des réfugiés ukrainiens seraient désormais dans des “camps spéciaux” et n’ont plus donné le moindre signe de vie depuis leur fuite. “Une partie des personnes a réussi à fuir vers les territoires ukrainiens, vers Zaporija, et une autre partie de la population a été évacuée vers les territoires contrôlés par la Fédération de Russie. Toutes les personnes qui sont allées vers ces territoires contrôlés par les Russes ont disparu”, a expliqué Volodymyr Zelensky qualifiant cette situation de “grande tragédie”.

“Ils se trouvent dans des camps spéciaux sur le territoire russe. Certaines d’entre elles ont disparu, tout simplement”, a-t-il assuré face au journaliste Yves Calvi. Parmi ces réfugiés, “plusieurs enfants sont partis dans cette direction”, a-t-il ajouté.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’ONU fait état ce mercredi 20 avril de 5 millions de personnes ayant fui le pays depuis le 24 février. S’il est encore trop tôt pour connaître le nombre de personnes ayant fui vers l’est et donc vers les territoires sous contrôle russes, certaines sources avaient évoqué durant les premières semaines du conflit plus d’une centaine de milliers d’Ukrainiens, sans préciser s’il s’agissait de pro-russe ou non.

Des “camps de filtration” déjà évoqués par les États-Unis

Début avril, l’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, avait déjà fait état de “camp de filtration”, lors d’un briefing du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’impact humanitaire de la guerre en Ukraine. “Avant même de voir les images de Butcha, le président Zelensky, ainsi que d’autres dans la région, signalaient que des enfants étaient enlevés”, indiquait Linda Thomas-Greenfield.

“Sont également enlevés des maires, des médecins, des chefs religieux, des journalistes et tous ceux qui osent défier l’agression de la Russie. Certains d’entre eux, selon des informations crédibles -y compris par le Conseil municipal de Marioupol- ont été emmenés dans des soi-disant ‘camps de filtration’, où les forces russes obligeraient des dizaines de milliers de citoyens ukrainiens à se réinstaller en Russie”, précise-t-elle par la suite.

Linda Thomas-Greenfield explique que des rapports font état d’agents de la sécurité fédérale russe qui ”confisquent des passeports et des pièces d’identité, confisquent des téléphones portables et séparent des familles les unes des autres”.

“Je n’ai pas besoin de préciser à quoi ressemblent ces soi-disant ‘camps de filtration’. C’est glaçant et on ne peut pas détourner le regard”, concluait l’ambassadrice dans sa prise de parole. Des témoignages similaires ont également émergé dans la presse américaine à la fin du mois de mars. Le Washington Post relayait, fin mars, le témoignage d’une femme ukrainienne évoquant son expérience au sein d’un “camp de filtration”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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