Volcan Nyiragongo: le président Tshisekedi annonce que la situation est "grave" mais "sous contrôle"

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Après le chaos de l'évacuation ordonnée jeudi face au risque d'éruption du volcan Nyiragongo, la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) retrouvait samedi un semblant de normalité, le gouvernement défendant sa gestion de la crise face aux critiques.

La situation est "grave" mais "sous contrôle" dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), après l'éruption du volcan Nyiragongo et l'évacuation de plusieurs centaines de milliers d'habitants de la ville de Goma, a assuré ce samedi le président Félix Tshisekedi.

"La situation est certes grave, mais elle est contrôlée", a déclaré au cours d'une conférence de presse le président, qui a jugé qu'il "fallait absolument évacuer la ville", en référence à l'évacuation soudaine ordonnée jeudi dernier, alors "qu'on ne sait toujours pas ce qu'il peut se passer".

"Il y a une coulée souterraine de lave qui peut surgir à tout moment n'importe où dans la ville", a-t-il rappelé, "déconseillant vivement de rentrer à Goma".

"Nous avons le contrôle de la situation"

"La lave n'est plus dans le cratère, mais le volcan reste actif, il faut donc rester méfiant et c'est pour ça que nous ne voulons pas précipiter les choses en faisant revenir les populations".

"Nous avons le contrôle de la situation", a réaffirmé Félix Tshisekedi. "Les déplacés sont partis suite à une situation inédite: l'éruption elle-même n'a été prévue par aucun observatoire au monde (...), personne n'a vu venir cela, ça arrive".

"La coulée de lave souterraine a ouvert la porte à plusieurs hypothèses, toutes mettaient en danger la vie de nos compatriotes de Goma, il fallait absolument qu'ils évacuent la ville", a-t-il encore justifié.

Et d'avancer: "je préfère avoir à prendre en charge des populations déplacées, plutôt quelles soient décimées par une catastrophe naturelle". "Nous avons un problème de déplacés, mais au moins sont-ils en vie, les faire revenir (dans les circonstances actuelles) serait très dangereux".

 "Faillites de l'Etat" 

Ces déplacés, estimés à environ 400.000 par le gouvernement, "ont fui dans plusieurs directions, beaucoup ont été reçus dans leur famille, soit dans des familles hospitalières".

"Il est difficile d'avoir le nombre exact des sinistrés pour organiser une prise en charge efficace, voilà pourquoi il y a eu un temps qui s'est passé", a-t-il expliqué, alors que les critiques enflent dans le pays sur la gestion de l'éruption soudaine du 22 mai, et surtout l'évacuation ordonnée jeudi sans aucune organisation apparente ou soutien logistique, malgré les promesses des autorités.

Après l'éruption, le gouvernement a dépêché, à grands renforts de déclarations rassurantes, une grosse délégation ministérielle à Goma, lançant travaux, enchaînant promesses d'aide et visites de "réconfort" aux sinistrés.

Mais les conditions de l'évacuation de jeudi ont ravivé les critique. "L'Etat a décidé l'évacuation de la population de #Goma et #Nyiragongo sans AUCUNE aide apportée", a ainsi fustigé sur twitter le collectif d'activistes Lucha.

"Mettre des véhicules à disposition lors de l'évacuation, c'est très difficile", a-t-il reconnu. "Aujourd'hui nous sommes en voie de pouvoir commencer à déployer de l'eau potable ainsi que des vivres" sur les sites où ils ont trouvé refuge, a-t-il affirmé. 

"Ces déplacés ne le sont que pour quelques temps, le plus grand travail sera à Goma, où il y a 5000 maisons détruites" par les coulées de lave, a anticipé le chef de l'Etat, qui a promis d'organiser des convois de retour.

Il a par ailleurs lancé un "appel aux dons, même si "un budget sera dégagé". Il a promis là aussi "la transparence sur le bugdet dégagé et sa gestion, il n'y aura pas de problème de ce côté là". Et a également "promis de se rendre sur place, dès la réouverture des aéroports, "pour apporter réconfort et soutien" à ses compatriotes.

Beaucoup avaient déjà vu dans l'éruption du 22 mai une illustration des "faillites de l'Etat", "aucun dispositif d'alerte n'ayant fonctionné ", faute de budget notamment, et "d'une gestion au pifomètre", avait ainsi estimé le journal EcoNews, jugeant que "la population a eu l'impression d'avoir été abandonnée à son triste sort". 

Article original publié sur BFMTV.com

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