Le volcan du mont Saint Helens explosait il y a 40 ans

Nathalie Mayer, Journaliste

C’était le 18 mai 1980, à 8 h 32, heure locale. Un tremblement de terre de magnitude 5,1 sur l’échelle de Richter secoue la face nord du mont Saint Helens, un stratovolcan actif situé dans l’État de Washington aux États-Unis, quelque part entre Seattle et Portland. Le flanc du volcan cède. Près de 3 km3 de roche s’en détachent en un impressionnant glissement de terrain qui progresse à 250 km/h. Il recouvre tout sur son passage d’une couche de gravats allant par endroits jusqu’à 150 mètres d’épaisseur.

Dans le même temps, le magma jusqu’alors emprisonné explose. La quantité d’énergie dégagée est colossale : l’équivalent de 100 bombes atomiques ! La déflagration est entendue jusqu’en Californie, à environ 300 km de là. Le souffle est dévastateur. Le sol est littéralement arraché. Des millions d’arbres et de poissons, des dizaines de milliers d’oiseaux et des milliers de grands animaux sont déchiquetés. Sur une surface de 600 km2 !

Il y a dix ans, la Nasa publiait ces images satellites qui montraient comment la nature se remettait du désastre. En fausse couleur rouge — puis en vraie couleur, vert — les zones de végétation. © Nasa Earth Observatory, YouTube

En moins de 15 minutes, des cendres et des gaz s’élèvent jusqu’à plus de 20 km de haut. Un incroyable nuage qui se déplace à plus de 500 km/h. La chaleur extrême qui se dégage fait fondre la neige. Des boues déferlent alors sur les vallées environnantes. Routes, ponts, maisons sont détruits par ce que les spécialistes appellent un lahar aux allures de tsunami.

Pendant les heures qui suivent, la région est plongée dans la pénombre. Et d’autres explosions retentissent. Au total, l’énergie libérée est évaluée à l’équivalent de 2.500 bombes atomiques ! Des cendres tombent sur plus de 55.000 km2 — soit environ la superficie de la région Grand Est. Dans les deux semaines qui suivront, elles feront le tour de la Terre.

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