La volatilité, unique constante dans le flou électoral américain

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LES BOURSES EUROPÉENNES EN HAUSSE À MI-SÉANCE
LES BOURSES EUROPÉENNES EN HAUSSE À MI-SÉANCE

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en hausse et les Bourses européennes progressent mercredi à mi-chemin d'une séance déjà marquée par de multiples retournements de tendance en l'absence de certitude sur l'issue de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, tandis que la prudence favorise la baisse des rendements obligataires.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais préfigurent pour l'instant une quasi-stabilité pour le Dow Jones mais une hausse de près de 0,7% pour le Standard & Poor's 500 et de plus de 2% pour le Nasdaq, les actions américaines semblant appelées à profiter de l'absence désormais quasi certaine d'une "vague bleue", une très large victoire démocrate, perçue comme défavorable à Wall Street.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,71% à 4.839,94 points vers 12h00 GMT après un pic à 4.862,11 et un plus bas à 4.730,31. A Londres, le FTSE 100 prend 0,57% et à Francfort, le Dax avance de 0,36%.

L'indice EuroStoxx 50 est en hausse de 0,24%, le FTSEurofirst 300 de 0,76% et le Stoxx 600 de 0,7%.

Donald Trump et Joe Biden ne sont pour l'instant ni l'un ni l'autre assurés de disposer de la majorité des grands électeurs nécessaire pour être le prochain président des Etats-Unis, et les indications disponibles en temps réel sur le décompte dans plusieurs Etats clés traduisent toujours un scrutin très serré.

Le président sortant a déjà revendiqué la victoire en demandant l'arrêt du dépouillement et en annonçant qu'il préparait un recours devant la Cour suprême, ce qui pourrait déboucher sur des semaines, voire des mois d'incertitude.

"Les marchés font face au pire des scénarios", résume Jim Leavis, responsable des investissements de l'équipe obligataire de M&G Investments.

"Pour les marchés obligataires, le fait que les démocrates ne remportent pas largement l'élection signifie qu'il n'y aura pas de politique fiscale fortement redistributive, pas de boom des infrastructures, et ce, même si Biden est élu", ajoute-t-il. "Il n'y aura probablement pas d'annulation de la réduction de l'impôt sur les sociétés non plus, élément positif pour les actions puisque le bénéfice par action sera plus élevé qu'il ne l'aurait été sinon."

Si l'actualité électorale américaine domine très largement, les indicateurs économiques n'ont pas totalement disparu des écrans radar des investisseurs: en Europe, les indices PMI confortent l'hypothèse d'une rechute en récession au quatrième trimestre, le PMI des services de la zone euro traduisant une contraction accrue et le composite revenant au seuil de 50 séparant contraction et expansion.

Aux Etats-Unis, l'enquête ADP sur l'emploi privé risque, selon le consensus Reuters, de refléter un ralentissement du marché du travail en octobre et l'ISM des services pourrait confirmer un léger ralentissement de la croissance.

VALEURS EN EUROPE

La plus forte baisse sectorielle en Europe est pour le compartiment bancaire (-1,88%), qui souffre notamment de la chute des rendements obligataires, tandis que les compartiments les plus sensibles aux tensions commerciales, comme les matières premières (-0,93%), l'automobile (-0,44%) ou l'énergie (-1,52%) accusent le coup de la perspective d'un maintien de Donald Trump à la Maison blanche.

A l'opposé, le secteur de la santé, considéré comme à risque en cas de victoire de Joe Biden, affiche une hausse de 3,02%.

AstraZeneca (+4,52%) profite aussi des déclarations d'un responsable des essais cliniques du candidat vaccin contre le COVID-19 développé par le groupe avec l'université d'Oxford, qui n'excluent pas une distribution du vaccin avant la fin de l'année.

A Paris, Crédit agricole SA prend 0,36% après ses résultats trimestriels, marqués par une baisse de 18,5% du résultat net et accompagnés de commentaires prudents sur l'impact du deuxième confinement.

TAUX

L'incertitude politique aux Etats-Unis, en poussant les investisseurs à se replier sur les actifs jugés les moins risqués, fait chuter les rendements des emprunts d'Etat de référence: celui du Bund allemand à dix ans recule d'un point de base à -0,631% après un plus bas de huit mois à -0,671% et son équivalent américain chute de près de huit points à 0,803%, sa plus forte baisse sur une séance depuis juin.

CHANGES

Le dollar a nettement réduit ses gains après un début de journée orienté à la hausse grâce à son statut de valeur refuge: l'indice qui mesure ses fluctuations face à un panier de référence est quasi inchangé après avoir pris jusqu'à 0,8% en début de journée.

L'euro s'échange autour de 1,17 dollar après être tombé à 1,1605.

PÉTROLE

Le marché pétrolier évolue lui aussi au gré des informations distillées sur le dépouillement de la présidentielle américaine: après un bref passage dans le rouge, il a repris très rapidement du terrain en réaction aux déclarations de Donald Trump revendiquant la victoire.

Le Brent gagne ainsi 2,39% à 40,66 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,31% à 38,53 dollars.

(Marc Angrand)