La volaille française touchée par une importante épizootie de grippe aviaire

La France est confrontée à une épizootie d'une rare intensité et surtout d'une étendue quasi inédite. Plus de 1 300 fermes ont été touchées. Elles ont dû euthanasier au moins 15 millions de volailles.

Ce sont d'habitude les départements du sud-ouest de la France qui sont touchés. Depuis une dizaine d'années, chaque hiver, les fermes des Landes, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques font face à un épisode de grippe aviaire.

Mais jusqu'ici, la Vendée est la plus frappée, avec plus de 500 exploitations contaminées. Cette situation a poussé la préfecture à ordonner des « euthanasies préventives ». Le département, pays de la volaille, a dû vider toutes ses fermes : neuf millions de poulets, canards et dindes ont été euthanasiés. Les paysans sont maintenant obligés de désinfecter leurs exploitations et d'attendre plusieurs mois avant de nouveau pouvoir travailler.

Des images difficiles à regarder

L'ONG française anti-élevage intensif L214 a publié mercredi 27 avril une vue aérienne tournée dans ce département. On y voit une immense fosse dans laquelle sont enterrées par une tractopelle des centaines de milliers de carcasses de volaille.

Le tableau a choqué de nombreux défenseurs des animaux. La préfecture de la Vendée s'est défendue. Elle affirme qu'elle n'a pas le choix face à l'afflux des carcasses. Et soutient que ce n'est qu'une solution temporaire.

De l'autre côté de la Loire, la Bretagne, région la plus avicole de France avec plus de 40% des poulets français, commence à être infectée. Pour l'instant, seule une dizaine de foyers de contaminations ont été recensés. Mais déjà des centaines de milliers de palmipèdes sont abattus par mesure de prévention. En Ile-et-Vilaine, où deux fermes ont été contaminées, 100 000 volailles ont ainsi été abattues. Un chiffre qui montre que les autorités sont très inquiètes.

Une histoire d’oiseaux sauvages

L’étendue de l’épizootie est due à la migration d’oiseaux sauvage. En migrant d’Europe jusqu'en Afrique, ces oiseaux font des pauses où ils transmettent cette grippe aux volailles fermières.

D'ordinaire, les contaminations ont lieu à l'allée, lors du trajet nord-sud au début de l'hiver. Mais cette fois, lors de leur trajet sud-nord à la fin de l'hiver, les oiseaux migrateurs ont survolé les Pays de la Loire et la Bretagne, provoquant une seconde vague épidémique et cette situation inédite.

Les ONG pointent du doigt l'élevage intensif. Dans de nombreuses fermes contaminées, notamment en Vendée, les volailles sont concentrées dans des lieux clos, ce qui facilite la propagation de la maladie qui se transmet par voie aérienne. Autre problème : les fermes sont elles-mêmes très proches. Si une exploitation est contaminée, toutes les autres fermes voisines le sont aussi. Enfin, il arrive souvent que le poulet naisse à un endroit, soit élevé ailleurs, puis est abattu plus loin. Ce qui là encore favorise les contaminations. Selon les éleveurs, c'est tout un système qui est à revoir.

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