Voiture piégée dans un marché en Syrie: au moins huit morts

Une voiture piégée a explosé tôt dimanche matin sur un marché d'une ville du nord de la Syrie tenue par les forces proturques, tuant au moins huit personnes et en blessant plus de 20, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).Les attaques à la bombe sont fréquentes dans les zones tenues par les forces proturques dans le nord de la Syrie, où les rivalités entre factions armées ainsi que le risque d'attaques des jihadistes de l'EI exacerbent une situation sécuritaire déjà précai

Sur les lieux d'un attentat à la voiture piégée, Azaz, en Syrie, le 31 mars 2024 (Bakr ALKASEM)
Sur les lieux d'un attentat à la voiture piégée, Azaz, en Syrie, le 31 mars 2024 (Bakr ALKASEM)

L'explosion survenue à Azaz, dans la province d'Alep, s'est produite peu après minuit, alors que la foule faisait des achats tardifs, comme c'est le cas habituellement au cours du mois de jeûne musulman du Ramadan, selon un correspondant de l'AFP.

Au moins "huit personnes ont été tuées et 23 autres blessées" quand "une voiture piégée a explosé en plein marché" à Azaz, a indiqué l'ONG, précisant que le bilan était provisoire.

Selon l'Observatoire, basé en Grande-Bretagne mais qui dispose d'un important réseau de sources en Syrie, l'explosion a causé des "dégâts importants" et déclenché un incendie.

Un responsable de la police militaire locale, qui a requis l'anonymat, a affirmé qu'il n'était pas clair qui était derrière l'explosion, alors que le groupe Etat islamique (EI), les forces kurdes ou d'autres groupes armés figurent parmi les suspects potentiels.

La police a "renforcé tous les points de contrôle" et vérifie les caméras de surveillance, a ajouté le responsable.

Les attaques à la bombe sont fréquentes dans les zones tenues par les forces proturques dans le nord de la Syrie, où les rivalités entre factions armées ainsi que le risque d'attaques des jihadistes de l'EI exacerbent une situation sécuritaire déjà précaire après des années de guerre et de chaos.

- "Nous avons couru" -

Khaled el-Nowmeh, 36 ans, qui tient une pharmacie à Azaz, raconte être allé au marché avec sa femme et ses enfants pour acheter des vêtements lorsque l'explosion est survenue.

"Nous avons entendu le bruit et nous avons couru (...) mon fils s'est mis à pleurer", a-t-il témoigné.

Thaer Hafar, 34 ans, qui travaille dans un magasin à Azaz, a déclaré pour part qu'il se rendait au marché, en famille, lorsque l'explosion a eu lieu.

"Nous n'avons entendu que l'explosion", a-t-il dit, ajoutant que les personnes présentes étaient terrifiées à l'idée d'une possible seconde voiture piégée.

Au début du mois, un homme a été tué et deux policiers militaires ont été blessés lorsqu'une voiture piégée a explosé à un poste de contrôle dans la ville frontalière d'Al-Rai, à l'est d'Azaz, rappelle l'OSDH.

Cette semaine, plusieurs membres de l'EI se sont échappés d'une prison dans la région d'Afrin, à l'ouest d'Azaz, selon cette ONG.

L'OSDH avait annoncé un peu plus tôt samedi que 52 soldats et combattants syriens et du Hezbollah libanais avaient été tués dans les frappes attribuées à Israël vendredi à Alep.

La Syrie a été morcelée par la guerre qui a éclaté en 2011 après la répression de manifestations prodémocratie, et l'armée turque y contrôle avec des groupes affiliés deux vastes zones frontalières après avoir mené des opérations d'envergure contre les groupes kurdes.

Les combattants de l'EI, cachés dans le désert syrien, ont eux renouvelé depuis le début de l'année leurs attaques contre les troupes du régime de Bachar al-Assad.

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