Voile - Vendée Globe - Vendée Globe : Jérémie Beyou à la barre d'un « Charal » boosté

L'Equipe.fr

Depuis la remise à l'eau de son monocoque Charal, le 16 mai à Lorient, Jérémie Beyou a enchaîné les navigations. Le skippeur, parmi les favoris du Vendée Globe (8 novembre), évoque la vie à bord en cette période de Covid-19 ainsi que sa préparation au tour du monde (3e en 2016). « Combien de sorties avez-vous effectuées sur Charal depuis la reprise ?
On a fait cinq navigations depuis la remise à l'eau le 16 mai. On a commencé par une navigation technique pour vérifier tous les systèmes. Puis on a effectué deux sorties à la journée dans un peu plus de vent avant de partir deux fois 24 heures en mer la semaine dernière, histoire de faire un peu de milles et de tirer un sur le bateau. Comment gérez-vous l'équipage en cette période de crise sanitaire ?
Déjà, on a testé tout le monde avant la première navigation pour être sûr que personne n'avait le Covid. Ensuite, à chaque fois, on prend la température de chacun avant d'embarquer. En général, une fois en mer, les habitudes des marins ne sont pas idéales, on mange souvent dans la même gamelle, on partage des sacs de couchage... Là, on a dû bannir tout ça, chacun a son pique-nique et son sac de couchage ! C'est juste quelques mesures d'hygiène supplémentaires. Vous êtes combien à bord ?
On essaie de limiter le nombre de personnes. D'habitude, lors d'un retour sur l'eau après un chantier, il y a du monde, on est huit ou neuf, car tous les corps de métier ont besoin de voir en réel leur réalisation, le gréeur, l'ingénieur, l'électronicien... Là, on navigue à quatre et on fait tourner les gars. « Les précédents foils n'étaient pas adaptés à un parcours comme le Vendée » Quelles sont les principales modifications réalisées durant ce long chantier d'hiver ?
La plus grosse modification concerne le changement des foils qui a nécessité le changement des puits et donc de s'attaquer à la structure. Sinon, on a modifié légèrement l'étrave, un peu plus rond désormais, on a travaillé sur l'ergonomie, l'énergie, le pilote automatique, le volume du bulbe. Tout ça afin d'augmenter les performances de Charal. Pourquoi avoir changé les foils ?
On pensait qu'on avait un petit manque en performance au vent portant dans la brise (allure fréquente sur le parcours du Vendée, ndlr). Mais surtout, le comportement du bateau n'était pas facile à gérer, surtout en solitaire. Il démarrait très fort et montait très haut en vol, mais les foils avaient tendance à décrocher. On est partis sur des foils à la géométrie totalement différente, plus fins et allant moins profond. On a pu observer des gains en performances et en attitude. Le bateau va moins haut en vol, il est plus facile à vivre pour le skippeur. Les précédents foils n'étaient pas adaptés à un parcours comme le Vendée. Toute l'actu de la voile Quels sont, pour vous, les enjeux de la Vendée-Arctique-Les Sables (départ le 4 juillet) ?
Ça va nous permettre de tester notre nouveau package en course et de me retrouver seul sur le bateau. Mais l'objectif est aussi de la gagner, de pousser le bateau et de se comparer aux autres. Il y a quatre ans, j'avais gagné la dernière course préparatoire au Vendée, la New York - Les Sables (remplacée par la Vendée Arctique pour cause de Covid-19) et ça m'avait fait du bien. Derrière, j'avais terminé troisième du Vendée. Que pensez-vous du parcours ? 
C'est une boucle sympa en Atlantique (via l'ouest de l'Islande et les Açores). L'idée est de faire une course de dix jours dans des conditions variées. Comme c'est tard dans la saison, il faudrait revenir vers le 15 juillet. Derrière, le Vendée arrivera vite. Il faudra quatre à cinq semaines pour recontrôler tout le bateau. Pour l'instant, on arrive à tenir les délais malgré la crise sanitaire. On est motivés, on a une belle équipe et un sponsor à fond derrière nous. Mais il y a une belle concurrence. Il faudra être au top. »