Cette Une de "Vogue" avec neuf mannequins noires frappe fort

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MODE - Ne plus rester les bras croisés. Voilà une résolution que l’édition britannique de Vogue tient depuis plusieurs années et qu’elle semble bien décidée à renouveler en 2022, en témoigne la couverture de son prochain numéro dévoilée sur les réseaux sociaux ce jeudi 13 janvier.

Elle s’intitule “Fashion Now” [en français, “La mode, maintenant”] et met en scène neuf femmes noires à la peau foncée, les mannequins Adut Akech, Amar Akway, Majesty Amare, Akon Changkou, Maty Fall, Janet Jumbo, Abény Nhial, Nyagua Ruea et Anok Yai.

Originaires d’un panel de pays d’Afrique, comme le Sénégal, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Nigéria et l’Ethiopie, elles sont, d’après la légende, “représentatives d’un changement sismique en cours, mis en exergue par les défilés des collections printemps-été 2022”. “Dans un secteur longtemps critiqué pour son manque de diversité et la perpétuation des normes de beauté définies selon un prisme européo-centré, ce changement est capital”, poursuit le texte.

C’est rare de voir un magazine de mode ou de beauté ne choisir que des femmes noires en Une, d’une part. D’autre part, quand elles font la Une de ce genre de titres, leur carnation de peau est souvent éclaircie, comme ce fut le cas pour Kamala Harris, “cover star” du Vogue américain au mois de janvier 2021.

Edward Enninful, rédacteur en chef du British Vogue depuis 2017, entend corriger tout ça. “Ces filles, explique-t-il dans un article publié ce même jeudi, redéfinissent ce qu’est être mannequin.” Cela a trop tardé, selon lui. “Vous savez, la mode a tendance à surfer sur des vagues. Nous avons connu une vague de mannequins brésiliennes, néerlandaises, russes, d’Europe de l’Est, rappelle-t-il. Et si, au cours de la dernière décennie les mannequins noires ont pris de l’importance, j’aime l’idée qu’on donne plus de place à la beauté afro.”

Edward Enninful aux manettes

Adut Akech, elle, se souvient de ses débuts en 2016. “J’étais, à l’époque, la seule femme noire à la peau foncée du défilé, explique la top model de 22 ans. [...] Maintenant, je vais à un show et j’y retrouve des filles de mon pays, des filles d’Afrique qui me ressemblent. Je ne suis plus, également, la seule à assister à un défilé. Nous sommes désormais 15 ou 20.”

Elle se dit tellement heureuse d’enfin être arrivée là. “J’en avais assez de ne pas me sentir à ma place, de me sentir comme une paria”, confie la jeune femme.

Ce dossier spécial et la couverture qui l’accompagne n’ont rien d’anodin. Depuis qu’il a été nommé au poste de rédacteur en chef, Edward Enninful a considérablement modernisé et diversifié l’image du Vogue britannique titre anciennement connu pour son caractère conservateur.

Le premier numéro avec Adwoa Aboah l’a montré. Le durag que portait Rihanna, en mars 2020, et la Une mettant en scène Lizzo, en novembre 2019, aussi. En 2020, Misan Harriman devenait, lui, le premier photographe noir à créer l’image d’une couverture de Vogue, après plus d’un siècle d’existence du magazine.

Considéré par le magazine Time comme “l’homme noir le plus important du paysage mondial de la mode”, Edward Enninful n’a pas seulement apporté de gros changements éditoriaux, il a aussi contribué à une évolution dans les équipes de la publication. Alors qu’elles étaient entièrement blanches sous la direction de sa prédécesseure Alexandra Shulman, le titre assure désormais employer un quart de personnes racisées. Nommé en fin d’année 2020 directeur éditorial des éditions européennes de Vogue, il ne risque pas de s’arrêter là.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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