Vladimir Poutine et François Hollande n'évoquent pas le Mistral

Selon l'entourage du président français, François Hollande et Vladimir Poutine n'ont pas évoqué samedi le porte-hélicoptères Mistral lors de leur réunion bilatérale en marge du sommet du G20 à Brisbane, en Australie. /Photo prise le 15 novembre 2014/REUTERS/Alain Jocard/Pool À Ä Â

PARIS (Reuters) - François Hollande et Vladimir Poutine n'ont pas évoqué samedi la question du porte-hélicoptères Mistral lors de leur réunion bilatérale en marge du sommet du G20 à Brisbane, en Australie, a-t-on appris dans l'entourage du président français.

Les observateurs s'attendaient pourtant à ce que ce dossier soit évoqué au lendemain d'information émanant de l'agence de presse russe Ria Novosti selon laquelle Moscou donnerait à Paris jusqu'à la fin du mois pour livrer le premier Mistral, faute de quoi la Russie formulerait d'"importantes réclamations" financières.

La France estime ne pas pouvoir livrer le porte-hélicoptères dans les circonstances actuelles du fait des tensions en Ukraine.

François Hollande et Vladimir Poutine "n'ont pas parlé du Mistral", a-t-on dit samedi dans l'entourage du chef de l'Etat français. "Ils ont consacré leur entretien à la résolution difficile (sécurité, économie, etc.) de la crise en Ukraine", a-t-on ajouté.

Vendredi, le Premier ministre Manuel Valls, interrogé sur la pression supposée de Moscou sur ce dossier, avait déclaré que la France prenait ses décisions "de manière souveraine sans que quiconque ne lui dicte sa conduite de l'extérieur."

En ouverture de son entretien avec son homologue français, Vladimir Poutine a déclaré qu'il fallait tout faire pour "minimiser" les risques que font peser les tensions internationales sur les relations bilatérales entre la France et la Russie.

"La Russie comme la France doivent prendre leurs responsabilités", a de son côté déclaré François Hollande.

Rappelant la rencontre entre les présidents russe et ukrainien début juin en Normandie en présence de la chancelière allemande Angela Merkel, il a ajouté: "Je suis toujours prêt à poursuivre cette relation mais à une condition, c'est que ça puisse déboucher."

Vladimir Poutine, objet de vives pressions à Brisbane liées au conflit ukrainien, pourrait anticiper son départ et boycotter une réunion de travail du sommet du G20 prévue dimanche, a annoncé samedi un membre de sa délégation.

Paris et Moscou ont conclu un contrat en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, prévoyant la livraison de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie pour un montant d'environ 1,2 milliard d'euros. La livraison du premier des deux, le Vladivostok, devait initialement intervenir en octobre, puis en novembre, mais le gouvernement français estime que les conditions "ne sont pas réunies" en raison des tensions persistantes en Ukraine.

La livraison du deuxième navire est prévue pour 2015.

(Elizabeth Pineau et Chine Labbé, édité par Henri-Pierre André)

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