Vladimir Poutine, le dos au mur et le doigt sur le bouton nucléaire

Au début de la guerre en Ukraine, le journaliste britannique Paul Wood a reçu des mains des services secrets ukrainiens un curieux enregistrement, raconte-t-il dans les colonnes de The Spectator. Une conversation entre un officier russe, en poste sur une base militaire nucléaire sibérienne, et l’un de ses proches, à Kiev. “Je ne sais pas ce que je dois faire, dit le militaire. Son doigt [à Vladimir Poutine] est à quelques centimètres du bouton.” Il explique ensuite avoir reçu l’ordre de préparer les ogives nucléaires, avec les coordonnées de Kiev et de deux autres villes ukrainiennes, explique cet ancien correspondant de la BBC à Belgrade, à Washington et à Jérusalem. “Puis on l’entend dire, la voix tremblante : ‘Il va peut-être le faire.’”

L’enregistrement “était peut-être faux”, s’empresse d’ajouter le journaliste. Ou peut-être l’appel a-t-il été passé pour semer la panique dans les rangs ukrainiens, “sachant que les services secrets l’intercepteraient”. Reste une dernière option : le président russe “était réellement prêt à tirer des missiles nucléaires sur l’Ukraine”.

Sauver la mère patrie

Sept mois plus tard, la même inquiétude refait surface. Dans une allocution à la nation qui paraissait désespérée, il a semblé menacer” de recourir à ce type d’arme. Contre l’Ukraine, voire contre l’Otan. “Acculé”, comme le titre l’hebdomadaire conservateur londonien en une de son édition datée du 24 septembre, “le président russe devient de plus en plus imprévisible”, souligne Paul Wood. En particulier depuis le début de la contre-offensive surprise dans la région de Kharkiv, le 6 septembre.

Certes, son armée, ses services secrets et son régime tout entier “ressemblent à un village Potemkine”. Poutine, “c’est vrai”, a passé sa carrière à bluffer dans le but de construire “cette illusion” de grandeur. Mais l’homme fort du Kremlin pourrait bien, cette fois-ci, “être sérieux”. Son but : éviter la défaite et un éventuel éclatement de la Russie. “Il semble habité par le sentiment d’être en mission pour sauver la mère patrie”, constate Paul Wood.

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