Poutine accuse Kiev et l'Occident d'avoir fomenté l'assassinat d'un journaliste russe

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Un célèbre journaliste de télévision russe visé par un projet de meurtre ourdi par l'Ukraine et ses alliés occidentaux ? C'est Vladimir Poutine qui l'affirme. Selon l'agence de presse Interfax, les autorités russes ont interpellé les membres d'un groupe nationaliste agissant sous les ordres d'espions ukrainiens et prévoyant d'assassiner Vladimir Soloviev.

Selon le FSB, le service de la sécurité intérieure russe, les enquêteurs ont arrêté un groupe de six citoyens russes membres de l’organisation « néonazie » « National Socialism/White Power », rapporte notre correspondant à Moscou, Julian Colling.

Ils auraient été commandités par les services secrets ukrainiens du SBU pour assassiner Vladimir Soloviev, l'un des maîtres-propagandistes du Kremlin, à l’auditoire très vaste en Russie.

Un petit arsenal aurait été retrouvé dans un appartement après des perquisitions, notamment un engin explosif, des armes de poing et huit cocktails Molotov, ainsi que des passeports ukrainiens.

Vladimir Poutine s’est lui-même félicité ce lundi du fait que ses services intérieurs aient ainsi mis à mal ce « projet terroriste ». Et le président d'ajouter, sans plus de détails, que l'Occident s'était désormais résolu à « tuer des journalistes russes », après avoir « échoué dans sa guerre de l'information avec la Russie ».

Les agences gouvernementales comme RIA Novosti ou Russia Today ont immédiatement fait les choux gras de cette affaire, diffusant même rapidement de très opportunes vidéos des suspects, où ils expliquent leur funeste projet.

De très nombreux journalistes indépendants ont réagi sur Telegram, se montrant extrêmement sceptiques quant à la véracité de cette affaire, qui ressemblerait selon eux à un coup monté du FSB.

Une figure proche des positions de Poutine, très anti-occidentale

Le journaliste Vladimir Soloviev, qui figure sur la liste des personnalités ciblées par des sanctions européennes, est l'un des plus fidèles porte-voix du Kremlin, rappelle Anastasia Becchio, du service international de RFI.

Vêtu invariablement d'une longue vareuse à col Mao, il officie quotidiennement à la radio ou la télévision, et y défend bec et ongles l'offensive militaire russe en Ukraine, tout en tenant des propos particulièrement virulents contre l'Europe.

Cela ne l'a d'ailleurs pas empêché d'acquérir trois propriétés sur les bords du lac de Côme, en Italie. Mais il ne peut toutefois plus s'y rendre, du fait des sanctions occidentales.

Dans ses talk-shows sur la première chaîne de télévision russe, le ton est agressif, haineux : le présentateur et ses invités y tempêtent contre la machine de guerre de l'Otan, que la Russie « va broyer », ou contre l'Ukraine, qui doit être « dénazifiée ».

Selon la version des services de renseignement du FSB, le meurtre de Vladimir Soloviev a été commandité par les services de sécurité ukrainiens. Mais le principal intéressé, sûr de lui, estime que l'ordre vient d'encore plus haut :

Je suis un ennemi personnel du sous-Führer et c'est pourquoi, s'il m'arrivait quelque chose, sachez qu'il s'agit d'une commande de Zelensky

Le SBU ukrainien s'est moqué des allégations russes, faisant remarquer qu'il n'avait aucune intention de tuer celui qu'il qualifie de « Goebbels » russe. Au contraire, il dit espérer qu'il sera traduit devant un tribunal international.

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