Vladimir Poutine à Brégançon: trois données pour éviter la déroute

Jean-Sylvestre Mongrenier
Vladimir Poutine

Tenu à l’écart du G7 depuis l’attaque russe sur le territoire ukrainien, Vladimir Poutine a pu obtenir la faveur d’une invitation personnelle au Fort de Brégançon. Le président français, son hôte, entend “réenclencher une dynamique” avec la Russie afin de reprendre “un dialogue stratégique” (RTS, 11 juin 2019). Outre la situation dans le détroit d’Ormuz, les grandes affaires mondiales seront au menu des discussions.

Certains évoqueront la vocation de la France, “puissance d’équilibre”, qui serait forte de “parler à tout le monde”. D’autres y verront de simples jeux tactiques qui ne contribueront pas à élever le statut de la France en Europe et le crédit moral dont elle y dispose. Quoi qu’il en soit, il importe de conserver à l’esprit un certain nombre d’idées-forces quant à la Russie, son projet politique et la “grande stratégie” qu’elle met en œuvre.

En premier lieu, la Russie est alliée à l’Iran. Elle ne saurait être vue comme un “honnête courtier” qui pourrait contribuer à la résolution de la crise iranienne. Depuis les années 1990, Moscou et Téhéran ont développé un partenariat géopolitique fondé sur l’opposition au “monde unipolaire”, sur des ventes d’armes et la coopération nucléaire. L’accord iranien de juillet 2015 n’était pas encore finalisé, la Russie annonçait la livraison de S-300 à l’Iran. Son encre à peine sèche, Moscou et Téhéran planifiaient une opération combinée en Syrie, poussant au paroxysme la guerre: Russes dans les airs, Iraniens et milices panchiites au sol.

Depuis les années 1990, Moscou et Téhéran ont développé un partenariat géopolitique fondé sur l’opposition au “monde unipolaire”, sur des ventes d’armes et la coopération nucléaire.

Démentant le maigre espoir d’une Russie qui contiendrait, puis refoulerait, les Gardiens de la Révolution et leurs affidés, le régime iranien s’enracine militairement en Syrie. Le “croissant chiite” n’est pas une vue de l’esprit. Quant à l’actuelle crise iranienne, Vladimir Poutine y voit...

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