Comment vivent les expats qui sont restés en Russie ?

Photo YURI KADOBNOV / AFP

Depuis l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022, et les sanctions imposées à la Russie par les Occidentaux, la plupart des étrangers qui vivaient dans le pays sont partis. “Ceux qui restent sont pour la plupart des résidents de longue date avec des familles ou ceux qui n’ont pas laissé le conflit obscurcir leur souhait d’y vivre”, écrit le site Euronews.

Mais comment vivent-ils sur place ? L’accès à l’information est difficile, les rumeurs sont nombreuses et les annonces gouvernementales pas toujours évidentes à comprendre. Donc, les étrangers consultent beaucoup les forums en ligne pour obtenir des conseils. Ils se demandent dans quelles villes européennes déménager facilement, comment faire voyager en avion son animal domestique et, à l’inverse, comment venir s’installer à Moscou.

Justement, la mobilité est devenue très compliquée, notamment depuis l’arrêt des liaisons aériennes directes entre les pays occidentaux et la Russie. Selon Euronews, les Américains et les Britanniques (ainsi que les Ukrainiens), en particulier, évoquent des longues attentes et des interrogatoires à leur entrée sur le territoire russe. Selon Mark, un Britannique, la police des frontières prend généralement ses empreintes digitales et vérifie les applications et les messages sur son téléphone. Il est même arrivé qu’elle télécharge des informations depuis son téléphone. De nombreux expats préfèrent donc éviter l’avion et emprunter la voie terrestre en passant par l’Estonie et la Finlande.

Obtenir de l’argent liquide, payer ses dépenses et effectuer des transferts est également compliqué. “La plupart des étrangers ont commencé à utiliser la cryptomonnaie pour accéder à l’argent qu’ils détiennent à l’étranger”, note Euronews.

Plus généralement, la vie, notamment à Moscou, a beaucoup changé. De nombreux jeunes hommes ont fui le pays pour échapper à la mobilisation. Un Allemand qui travaille dans une entreprise de services dans la capitale raconte que les jeunes hommes de son bureau sont tous partis et travaillent désormais depuis l’étranger. Il ajoute que “les livreurs ont disparu du jour au lendemain, et qu’il y a beaucoup plus de femmes à conduire des taxis ou à utiliser Yandex [une application de covoiturage populaire en Russie]”. D’autres expats reçoivent chez eux des lettres de mobilisation adressées aux fils des propriétaires de leur logement. Ils doivent les transmettre, tandis que les familles s’organisent pour faire partir les jeunes. Par ailleurs, les titulaires d’une double nationalité, c’est-à-dire dotés d’un passeport russe et d’un passeport étranger, craignent d’être mobilisés à leur tour.

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