Vivendi affirme son contrôle sur Telecom Italia

Céline CORNU
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Le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine (G) et le patron de Telecom Italia, Flavio Cattaneo le 4 mai 2017 à Rozzano, au sud de Milan

Rozzano (Italie) (AFP) - Le groupe français Vivendi a obtenu jeudi les deux tiers des sièges du conseil d'administration de Telecom Italia, dont il est devenu en 2015 le principal actionnaire et sur lequel il entend assoir son contrôle.

La liste de dix candidats présentée par Vivendi, qui détient 23,94% de l'opérateur, a obtenu 49,372% des votes lors de l'assemblée générale des actionnaires de Tim réunie à Rozzano, près de Milan, dans le nord de l'Italie.

La liste de cinq candidats d'Assogestioni -une association représentant la majeure partie des sociétés gérant l'épargne en Italie- a également été validée, avec 49,0053% des votes.

Le nouveau conseil compte 15 membres au lieu de 17 précédemment.

Deux cabinets de conseil anglo-saxons, Iss et Glass Lewis, avaient recommandé aux actionnaires de s'abstenir sur la liste Vivendi et de voter pour la liste Assogestioni, en estimant que celle-ci était plus à même de représenter les intérêts à long terme des actionnaires minoritaires.

"Telecom Italia est au centre du projet de Vivendi: nous voulons construire un groupe mondial avec des racines européennes pour produire et distribuer des contenus et des médias latins à forte valeur ajoutée" a expliqué le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, devant les actionnaires.

Alors que Vivendi est englué en Italie dans un contentieux avec le groupe de télévision Mediaset, dont il détient près de 30%, et qu'il a été sommé par le régulateur des télécommunications de choisir d'ici un an entre ces deux participations, le groupe français a exprimé le 21 avril sa préférence pour Telecom Italia -tout en entendant contester la décision de l'Agcom.

Tout en rappelant que "les retards dans les offres technologiques et commerciales avaient pesé sur les résultats de Telecom Italia ces dernières années", M. de Puyfontaine a affirmé qu'avec Vivendi, l'opérateur "s'était doté d'un actionnaire de référence et d'un projet à long terme destiné à le ramener en position de leader".

Le groupe de Vincent Bolloré a réussi à imprimer progressivement sa marque sur Telecom Italia, en obtenant d'abord en décembre 2015 quatre sièges au conseil, puis en poussant vers la sortie Marco Patuano, le patron de l'opérateur, avec qui il avait des divergences stratégiques.

Il a imposé à sa tête Flavio Cattaneo qui a mené une importante restructuration: sous son impulsion, Telecom Italia cherche à réduire au maximum ses coûts, accroître son efficacité, proposer davantage de services de qualité et accélérer le déploiement de réseaux fibre optique et 4G.

"Cette stratégie a déjà donné des résultats excellents", s'est félicité M. de Puyfontaine, en jugeant que le groupe était "sur la bonne voie".

L'opérateur a dégagé en 2016 un bénéfice net de 1,8 milliard d'euros, contre une perte de 70 millions un an plus tôt. Le premier trimestre a également été salué par les analystes.

La question est désormais de savoir qui assumera la présidence.

Le premier nom sur la liste Vivendi, qui indique généralement le candidat à la présidence, était celui de M. Puyfontaine, ce qui permettrait au groupe français d'assoir sa mainmise. Une volonté confirmée à l'AFP par un interlocuteur de Vivendi s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Tout en refusant de son côté de confirmer son éventuelle nomination à la présidence, M. de Puyfontaine, actuellement vice-président, avait indiqué le 25 avril que la décision serait "prise après l'AG quand le nouveau conseil d'administration se réunira" vendredi.

Mais, une source proche du dossier a indiqué jeudi à l'AFP qu'il était "possible que les nouvelles gouvernance et présidence de Telecom Italia ne soient pas décidées lors du CA de vendredi, dans l'attente de la décision de la Commission européenne".

Vivendi a fait savoir fin mars à la Commission européenne qu'il devrait prendre "de facto" le contrôle de Telecom Italia à l'issue de l'AG et la Commission doit se prononcer sur ce dossier.

Certains médias italiens tablent sur un maintien, en attendant, de l'actuel président Giuseppe Recchi.

De nombreux actionnaires, qui n'ont plus reçu de dividendes depuis 2013, se sont succédé pour dénoncer la politique et les performances de l'entreprise. Devant le bâtiment, quelques centaines d'employés ont aussi manifesté pour "défendre leurs droits et réclamer que les dirigeants reçoivent des primes plus réduites". "La situation n'est pas rose, on ne parle que de réductions des coûts", a déclaré l'un d'eux, Stefano Andreini.

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