"De son vivant" avec Catherine Deneuve, "un film positif sur la mort"

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Catherine Deneuve et Benoît Magimel dans
Catherine Deneuve et Benoît Magimel dans

De son vivant revient de loin. En salle ce mercredi après un passage cet été à Cannes, ce mélodrame d'Emmanuelle Bercot, sur un professeur de théâtre (Benoît Magimel) condamné à 39 ans par un cancer du pancréas, n'a pas eu une genèse facile. Interrompu une première fois en novembre 2019 après l'AVC dont a été victime sur le plateau Catherine Deneuve, le film a ensuite été affecté en mars 2020 par la pandémie. Dix-huit mois plus tard, le film est enfin terminé.

"Quand il y a une interruption comme ça, il est difficile de dire ce qu’aurait pu être le film", note Emmanuelle Bercot. "Ça a forcément beaucoup apporté au film. On était tous extrêmement plus émotif à la reprise du tournage." Si Catherine Deneuve est revenue "en pleine forme", elle n'était plus "la même qu'avant", reconnaît la cinéaste. "Elle a traversé quelque chose de douloureux et forcément elle est revenue changée. Il lui restait toutes les scènes sur la fin du film, qui était beaucoup de douleur à jouer."

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Il fallait plus qu'un AVC et qu'une pandémie pour empêcher d'exister ce "film positif sur la mort", écrit sur mesure pour Catherine Deneuve et Benoît Magimel: "Je rêvais depuis des années de faire un mélo", indique Emmanuelle Bercot. "J'ai fait un film pour ceux qui comme moi aiment pleurer au cinéma et ressentir des émotions très fortes devant les films. Je voulais parler d'une mère qui perd son fils du cancer. Il me tenait à cœur de parler de cette maladie qui malheureusement nous percute tous de près ou de loin."

"Un malade de cinéma"

Mais De son vivant va plus loin en explorant un sentiment méconnu chez les malades du cancer, la honte. "Tout le travail du docteur est d’enlever cette honte", note la réalisatrice. "C'est ce que fait dans le film le docteur Sara, qui joue son propre rôle, avec Benjamin (Benoît Magimel). Son travail dépasse le cadre médical. Son action est à la fois psychologique, philosophique, métaphysique et même spirituelle." Cette action permet de soulager les malades, qui à la frontière de la mort se retrouvent très souvent débordé par leurs émotions.

Le film sort de la sphère intime du malade. "Le docteur Sara n’accompagne pas seulement les malades. Il est aussi soucieux de son personnel soignant. Il organise des séances de paroles où chacun peut se soulager des choses vécues dans la semaine et où ils finissent en musique, avec des danseurs de tango dans des salles de chimio. Cela peut paraître complètement fantaisiste, mais ce sont des scènes auxquelles j’ai assisté", indique la réalisatrice, qui assume cette vision positiviste de l'hôpital.

"Comme c’était un mélo, je voulais utiliser tous les codes du genre, que les gens soient très beaux et que la lumière soit la plus vive possible. C'est la raison pour laquelle on n’a pas tourné dans un véritable hôpital, parce que je ne voulais pas qu’on soit tributaire des lumières assez blafardes qu'on y trouve. Je ne voulais pas montrer la déchéance physique du malade, que ce soit éprouvant pour le spectateur à regarder. Benjamin reste si je puis dire beau jusqu’au bout. C’est un malade de cinéma, mais on y croit quand même."

"Ressortir du film en se sentant plus léger"

Malgré son sujet, De son vivant se présente comme une œuvre rassurante. A l'image de l'hôpital qui facilite la vie du malade en phase terminale, le film se divise en quatre parties, selon les saisons de l'année, et les scènes s'enchaînent comme des rendez-vous récurrents. Un rythme réconfortant, rassurant, qui permet de se mettre dans la peau d'un personnage qui peu à peu accepte son destin.

876450610001_6263344435001 "Même si le film raconte la mort de quelqu’un, j’ai toujours eu l’ambition et même la volonté absolue que le film soit un film positif. Je voulais que le film redonne de la vie à la mort, de l’espérance, de la joie. Même si le film peut être bouleversant à regarder pour certains, on peut en ressortir en se sentant plus léger, avec une force de vie supplémentaire. La vie, de toute façon, est un apprentissage de la mort. On va devoir tous y aller. Autant que ce soit le plus léger possible."

Elle insiste: De son vivant est avant tout une histoire d'injustice. Le cancer du pancréas peut toucher n'importe qui, peu importe ses antécédents familiaux et médicaux. "C’était pour rendre le film le plus universel possible. S'il avait eu un cancer du poumon, les gens se seraient dits qu'il n'avait qu’à pas fumer. Ils ne pourraient pas se sentir concernés par le film."

Article original publié sur BFMTV.com

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