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Bien des gens sont allergiques à Nicolas Bedos. Ceux-là ne devront en aucun cas s’approcher de Monsieur & Madame Adelman, tant il met ici de sa personne, à la fois réalisateur, coscénariste, acteur principal de chaque plan ou presque et même co-compositeur de la BO. Méli-mélo comico-romanesque, le récit couvre un demi-siècle d’une vie de couple littéraire abordée sous toutes les coutures (hauts et bas sentimentaux, ascension et désillusion professionnelle, soubresauts socio-culturels sur fond d’idéologie de gauche bafouée…) et ferait passer Claude Lelouch pour un austère anachorète.

Pour nous immerger dans les attentats de Boston de 2013 et la chasse à l’homme qui a suivi, Peter Berg reproduit les effets d’une banale série télé. On n’en peut plus de ces caméras gigotantes et de ces petits zooms mécaniques censés donner une épaisseur documentaire à une reconstitution stéréotypée. Il est gênant de ne trouver un peu d’invention formelle que lorsque les terroristes passent à l’action, précipitant la mise en scène dans un chaos de corps ensanglantés et de métaux déchirés. Ça se gâte définitivement quand, ne se contentant plus de coller aux faits, le film se met à discourir à travers le brave policier incarné par Wahlberg. Le message est le plus simpliste possible : le Bien contre le Mal, l’Amour contre la Haine, l’Amérique contre le Diable. Encore un film qui confond résilience et patriotisme.



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