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Mala Junta de Claudia Huaiquimilla (1 h 29)

Le premier long métrage de la cinéaste mapuche Claudia Huaiquimilla suit Tano, petite frappe qui cogne les murs, les arbres, les têtes brûlées du lycée. Récupéré après un incident par son père qu’il n’a pas vu depuis des années, il rencontre Cheo, un ado du coin, battu par les Justin Bieber du lycée et lié par ses origines mapuches à un conflit violent. Si Mala Junta tente avec vigueur de nous sensibiliser à la cause mapuche - leurs terres ancestrales captées par l’industrialisation du Chili et l’implantation en masse d’usines de cellulose - il n’en reste pas moins un récit gentil où deux ados vont classiquement se réunir pour comprendre leurs mutuelles différences. Criblés de décisions académiques, de travellings verticaux lénifiants et dialogues très (trop) familiers («Qui t’as appris ça ?» demande le père, «La rue», répond le fils), le film nous effleure chaque instant sans jamais accéder à son cœur. L’acteur Andrew Bargsted, qui joue au cador - vulgaire - de ses femmes et ami franc, conserve une félinité (homo)érotique intrigante dans ce paysage languissant, seul foyer magnétique d’une flamme brûlant dans les plans, et dépositaire entre ses mains douces et nerveuses de la vigueur émotionnelle du film. J.Pi.

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