Visite surprise de Benbassa (EELV) au centre de rétention proche de Roissy

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Le Centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, près de Roissy dans le Val-d'Oise le 04 juin 2007

La sénatrice EELV Esther Benbassa a dénoncé les conditions de rétention des étrangers lors d'une visite surprise, mardi au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), dans le plus grand centre de rétention administrative (CRA) de France, affecté par un important incendie en janvier.

"Bonjour ! Je suis sénatrice et je viens visiter le centre", a annoncé Mme Benbassa à l'interphone, avant d'entrer dans les locaux situés à seulement quelques centaines de mètres des pistes de l'aéroport de Roissy.

"Ces centres de rétention ne devraient pas exister, il y a des barreaux partout", a fustigé la sénatrice de Paris. "Ce ne sont pas des gens qui ont commis un délit ou un crime, souvent, ils ne savent pas pourquoi ils sont là", a poursuivi l'élue, qui s'est entretenue avec plusieurs des étrangers enfermés.

Une cinquantaine de personnes sont actuellement retenues au Mesnil-Amelot dont 14 femmes, a indiqué François Mercier, le nouveau directeur interdépartemental de la police aux frontières du CRA qui, pris de court par la visite de la sénatrice, a tout de même accepté l'entrée de la délégation, composée notamment de sept journalistes.

Le 20 janvier, dans ce CRA de Seine-et-Marne, des étrangers avaient déclenché un incendie pour protester contre une décision de justice les maintenant en rétention car ils avaient refusé un test PCR, nécessaire à leur expulsion du territoire français.

Depuis quelques mois, de nombreux migrants refusent le dépistage du nouveau coronavirus afin d'échapper à l'expulsion.

"Quand on met le feu, ce que je n'approuve absolument pas, c'est qu'il y a un ras-le-bol", a estimé Mme Benbassa, dénonçant "des aberrations dans les décisions de justice" qui conduisent des étrangers en rétention.

Un ressortissant algérien est ainsi retenu au Mesnil-Amelot pour la troisième fois alors que sa procédure d'expulsion avait été annulée en justice, selon la Cimade, association de soutien aux migrants et réfugiés, disposant d'une antenne sur place.

"C'est dur, je tiens avec des médicaments", a déclaré à l'AFP cet Algérien de 40 ans qui vit à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) depuis cinq ans.

"Les gens ne comprennent pas l'enfermement", explique Julia Labrosse, intervenante juridique. "Il n'y a pas de vol (d'avions du fait de la pandémie, ndlr) donc pas d'expulsion. Il y a des tensions et des retenus dénoncent des violences policières", ajoute-t-elle.

En 2020, le nombre d'expulsions d'étrangers en situation irrégulière a chuté de 51% sous l'effet des restrictions liées à la pandémie.

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