Visite du pape François au Canada: un parcours contesté par les Premières Nations

La visite papale, très attendue, au Canada, escamote plusieurs lieux symboliques pour les nations autochtones. Un choix polémique, alors que le pape François vient présenter les excuses au nom de l'Église pour les dizaines de milliers d'enfants assimilés de force du XIXe au XXe siècle.

Avec notre correspondant à Montréal, Alexis Gacon

Du milieu du XIXe siècle à la seconde moitié du XXe, plus de 150 000 enfants des Premières Nations ont été assimilés, forcés d'aller dans des pensionnats tenus par l'Église au nom de l'État, où ils n'avaient pas le droit de parler leur langue. Ils y étaient maltraités et coupés de leur famille pour devenir des petits catholiques. Le pape François a présenté les excuses de l'Église, très attendues, le mois dernier. Et il ira au Canada les présenter à nouveau en juillet. Il fera étape à Québec, à Edmonton, en Alberta, où il y avait un réseau important de pensionnats, ainsi qu'à Iqaluit, au Nunavut, dans le Grand Nord.

Mais la visite papale escamote plusieurs lieux symboliques pour les Premières Nations du pays, ce qui ne satisfait pas plusieurs communautés autochtones. C'est le cas pour celle de Colombie-Britannique, sur la côte ouest du pays, province dans laquelle ont été retrouvés l'an dernier, à Kamloops, les restes de 215 enfants autochtones qui avaient été enterrés sur le terrain d'un ancien pensionnat.

Or, cette découverte a été un élément déclencheur de la visite papale. La cheffe d'une Première Nation de la province, Rosen Casimir, parle d'une « occasion manquée » de venir sur les lieux du plus grand pensionnat que l'Église catholique romaine a géré au Canada. Déception partagée aussi en Saskatchewan, au milieu du pays, où d'autres tombes anonymes avaient été découvertes l'été dernier. Le pape n'y passera pas non plus.

Pour plusieurs leaders autochtones, la visite est trop courte au regard de l'ampleur du drame qui s'est joué dans les pensionnats, et il faut ajouter des étapes au parcours. Mais les évêques canadiens expliquent que le trajet doit être adapté à la santé fragile du pape, qui est apparu dernièrement en fauteuil roulant. La Conférence des évêques catholiques du Canada pourrait aider financièrement les communautés autochtones éloignées qui souhaitent assister au passage du pape.

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