Visite inédite d'une délégation libanaise à Damas pour discuter énergie

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Pour la première fois en dix ans, une importante délégation ministérielle libanaise s’est rendue ce samedi matin à Damas pour une visite officielle visant à discuter du dossier de l’importation d’énergie d’Égypte via la Syrie. L’une des plus graves manifestations de la crise qui frappe le Liban est le rationnement du courant électrique qui atteint parfois 23 heures de coupure par jour. La délégation libanaise conduite par la vice-présidente du Conseil des ministres et les ministres de la Défense et des Affaires étrangères par intérim Zeina Akar a été accueillie à la frontière par le chef de la diplomatie syrienne Fayçal al-Mokdad. Elle est composée des ministres des Finances et de l’Énergie ainsi que du patron de la Sûreté générale.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

L’objectif de la visite de la délégation libanaise à Damas est d’examiner avec les responsables syriens la possibilité de faire transiter par la Syrie du gaz et de l’électricité importés d’Égypte via la Jordanie, pour atténuer l’impact de la crise énergétique qui paralyse le pays. Une crise qui affecte la vie quotidienne de millions de Libanais.

Mais cette visite a aussi une forte dimension politique. Elle constitue en effet une victoire pour le camp présidentiel et le Hezbollah, qui plaident depuis des années pour un retour de la coordination avec les autorités syriennes.

Une telle coordination n’était cependant pas encouragée par les pays occidentaux, avant d’être lourdement pénalisée par la loi César promulguée par Donald Trump en juin 2020.

Une initiative que les États-Unis ont tenté de court-circuiter

Les choses ont toutefois changé ces dernières semaines. Après l’annonce par le Hezbollah de l’importation de carburant iranien, les États-Unis ont tenté de court-circuiter cette initiative qui donnerait au parti de Hassan Nasrallah le beau rôle en luttant contre les pénuries d’essence et de mazout et en améliorant le quotidien des Libanais.

L’ambassadrice américaine à Beyrouth Dorothy Shea a annoncé à la surprise générale que son pays aiderait le Liban à importer de l’électricité et du gaz d’Égypte via la Syrie.

Cette position a été interprétée comme un feu vert autorisant les responsables libanais à rétablir le contact avec Damas en dépit de la loi César.

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